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22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 11:23

Manger en écoutant ses sensations est à la mode. Il faudrait alors manger lorsque l’on a faim ce qui nous fait envie. Une sorte de retour à notre état animal dominé par la biologie. On oppose à cela de manger avec sa tête en utilisant des règles bon/pas bon...

Or selon moi manger avec sa tête est justement ce qui nous permet d’avoir du choix et donc de la liberté. C’est bien grâce à ma tête que je peux choisir mes aliments en fonction de ce qui a du sens, c’est bien grâce ma la tête que je peux réduire ma consommation d’aliments industriels et cela au service de prendre soin de ma santé. Sans cette capacité à penser la nourriture je suis l’esclave de mes pulsions qui peuvent m’amener à des comportements problématiques.

Ce qui me dérange finalement le plus est que l’on mette dans un cadre d’opposition mental et corps (manger avec sa tête Vs manger avec son corps, s’écouter Vs se contrôler).

Les deux se complètent. C’est un équilibre précieux.

Le problème du mental est qu’il a tendance parfois à obliger/contraindre le corps de manière inflexible et cela ne fait qu’induire de la souffrance. Dans ce cas nous sentons en nous comme un combat, une tension…qui finit presque toujours par nous nuire.

Un rapport équilibré permet aux deux acteurs d’être en osmose : écouter son corps (il nous parle de nos besoins physiologiques et affectifs) et se servir de notre mental pour faire des choix profondément bons pour nous. Lorsque nous sommes dans ce rapport harmonieux corps et mental sont sur la même longueur d’onde et cela raisonne alors positivement en nous.

Bonne observation

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17 mars 2016 4 17 /03 /mars /2016 17:22

 

Ne pas manger trop gras est l'adage moderne du "diététiquement correct". La réduction du gras est d'ailleurs le conseil de base qu'un diététicien peut vous donner leur d'un programme de rééquilibrage alimentaire visant à la gestion du poids.

Je vais ici apporter quelques éléments qui remettent en cause cette vision des choses.

Pour commencer il me semble pertinent de revenir à du bon sens : les graisses ne font ni grossir, ni maigrir, c'est un excès de calories par rapport aux besoins de l'organisme qui conduit à prendre du poids. Si votre corps dépense 2000Kcal par jour une mono-diète de fromage apportant 2000 Kcal ne pourra en aucun cas conduire à une prise de poids, c'est mathématiquement impossible.

Autre point, l'alimentation doit être une source de plaisir. Tout le monde sait que les frustrations ne sont pas compatibles avec un changement pérenne. Le gras est un "fixateur" d'arôme, c'est le gras qui réjouit les papilles, qui apporte de l'onctuosité...

Notons également que les matières grasses sont indispensables à la satiété. Imaginons le repas suivant : poisson vapeur, haricots verts, riz nature et yaourt 0%. Ce repas totalement dépourvu de graisses ne permet pas d'être à satiété très longtemps. Concrètement avec un repas de ce type la fringale à 15h est assurée. Il suffirait d'ajouter de l'huile d'olive dans les haricots verts, un filet de crème sur le poisson et de choisir un yaourt au lait entier pour être rassasié tout l'après midi. En effet le gras conduit à la production de nombreuses hormones satiétogènes (qui coupent la faim) comme la CCK par exemple.

Enfin intéressons nous à l'alimentation crétoise. Ce modèle d'alimentation, qui est à ce jour le modèle d'alimentation santé le plus étudié au monde, comporte une quantité importante de graisses (huile d'olive, fromage de chèvre, olives...). Surprenant donc de prôner la réduction du gras pour maintenir un état de santé optimal, non?

Que conclure de mes petites réflexions? Qu'il faut se gaver de gras? de rillettes, fromage, et beurre? Cela semble être du bon sens que non! Ce fameux bon sens devrait nous conduire à manger de tout et à privilégier un mode d'alimentation centré sur le bien-être plutôt que sur le contrôle.

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22 janvier 2016 5 22 /01 /janvier /2016 12:43

L'ensemble des pays riches semblent touchés par la problématique du surpoids, la réponse à cette problématique consiste souvent à mettre la focale sur la qualité de la nutrition, la campagne "5 fruits et légumes" en est une illustration parfaite.

Il semble évident que promouvoir une alimentation nutritionnellement qualitative est important pour maintenir un état de santé optimal. Toutefois cette focale "qualitative" me semble passer à côté de deux aspects fondamentaux:

- le premier est la transmission de règles culturelles régulatrices

- le seconde repose sur la capacité d'être à l'écoute des différents signaux internes

 

Prenons l'exemple des japonais, malgré leur niveau de vie élevé et leur pouvoir d'achat important ils semblent presque épargnés par le surpoids. Cela repose en partie sur la transmission d'une règle culturelle apprise dès la petite enfance : le Hara Hachi Bu. Il s'agit concrètement de quitter la table rassasié, satisfait et encore léger. 

Des travaux récents ont mis en évidence que les enfants chez qui le Hara Hachi Bu n'a pas été enseigné le risque de surpods est multiplié par 7!

Voici quelques astuces concrètes pour vous aider à mettre en place ce principe:

- prenez le temps d'évaluer votre faim avant de passer à table

- au milieu de votre assiette, faite une pause et demandez-vous si vous avez encore faim. Vous pouvez vous poser la question suivante : comment serais-je avec une bouchée de plus?

- pensez à garder de la place pour le dessert

 

Bonne expérimentation et belle journée

 

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Published by Florian Saffer diététicien nutritionniste - dans mindfulness sociologie pleine conscience manger en paix
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13 janvier 2016 3 13 /01 /janvier /2016 18:34

Formations pour tous les professionnels de santé intéressés par la pleine conscience et la nutrition

http://www.dietetiquecomportementale.com/#!pleine-conscience/cn5l

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28 août 2015 5 28 /08 /août /2015 16:46

Petit conseil du psychiatre Christophe André

Manger pour être heureux? Voilà qui va à l'encontre de toutes les incitations à se freiner pour être mince! Pourtant, insiste Christophe André, il y a plusieurs façons de ressentir du bien être en mangeant: il y a le plaisir simple de se nourrir quand on a faim - et pas juste parce que c'est l'heure - celui de déguster un met délicieux, en pleine conscience, celui encore de "se sentir relié à d'autres humains, qui ont fait pousser ces fruits et ces légumes, travaillé ce vin, pétri ce pain".

 

Sources « l’Express Caroline Franc Desages, publié le 16/03/2015

Manger, oui, mais en pleine conscience
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29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 08:49

Voici la suite de l'article sur "manger en consience" (voir partie 1 ici)

 

Intéressons-nous aujourd'hui à la partie "non jugement".

Avant/pendant et après se nourrir il est possible d'observer que notre tête porte des critiques sur nos choix "le chocolat fait grossir", "ce plat est trop gras"... parfois il s'agit de pensées plus agréables du type "super j'ai faim"..., dans tous les cas il est impossible de faire taire nos têtes.

Ces pensées en soi ne sont ni bonnes, ni mauvaises. Certaines d'entre elles sont même utiles, par exemple la pensée "mange léger ce soir" que notre cerveau peut générer pour nous aider à réguler notre apport en calories après un déjeuner copieux.

Dans certains cas ces pensées (ou du moins l'importance que l'on peut leur donner) peuvent nous mettre en difficulté notamment lorsqu'elles nous imposent des comportements rigides/tyranniques induisant chez nous une lutte intérieure.

Prenons l'exemple d'Annie, elle aimerait déguster un peu de chocolat à la fin du repas mais son mental lui impose une pomme, cela génère chez elle une tension et une frustration importante faisant que son rapport à la nourriture s'apparente à un conflit perpétuel.

L'attitude de non-jugement ne vise pas à faire disparaitre notre contenu mental mais à l'observer comme quelque chose de naturel, dans une posture d'accueil et avec une distance bienveillante.

Cette distance et cette attitude d'observation sont propices à faire des choix bon pour soi permettant de mettre en accord la tête (l'expérience mentale), le corps (nos besoins physiologiques) et notre coeur (siège de nos besoins émotionnels).

 

 

 

 

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8 mars 2014 6 08 /03 /mars /2014 13:31

"Il est plus facile de renoncer à ce qui nous est autorisé que de renoncer à ce qui nous est interdit."

S'autoriser à manger lorsque l'on éprouve un besoin va nous permettre de justement répondre de manière adaptée à ce besoin. Prenons l'exemple du besoin de manger pour se réconforter. Beaucoup de personnes soucieuses de leur ligne se l'interdisent, cela induit une lutte contre cette envie qui se traduit par un sentiment de frustration qui bien souvent engendre des grignotages et de la culpabilité. 
En s'autorisant à manger pour se réconforter et en jouant le jeu au maximum (en savourant et en ayant conscience que l'on se fait du bien) nous pouvons observer que notre besoin de réconfort est comblé et que notre humeur s'est régulée.

En s'autorisant à manger pour nous réconforter nous pouvons aussi faire le choix de ne pas manger quand nous jugeons que nous n'en éprouvons pas le besoin.

Cet exemple illustre à merveille ce qu'est la liberté:  la capacité à répondre de manière adapté à ce qui nous semble bon pour nous. La perte de cette liberté est au coeur de toutes les difficultés avec la nourriture. Mon métier consiste justement à redonner à mes patients la capacité d'agir librement.

 

 

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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 21:19

Bonjour Mr Saffer, j'ai souvent très faim avant de passer à table sur le dîner, j'ai tellement faim que je mange vite, de grosses portions. Pensez-vous qu'il soit judicieux de faire un goûter dans l'après midi sachant que j'ai toujours entendu qu'il ne fallait jamais manger en dehors des repas? Si je peux m'autoriser un goûter vers quels aliments dois-je m'orienter?
Merci d'avance pour votre réponse

 

Françoise

 

 

Bonjour Françoise,

 

comme vous le faite remarqué il est fréquent de gérer son alimentation avec des règles rigides ("il ne faut jamais", "il faut toujours"...), or ces règles nous coupent souvent de notre ressenti et de nos besoins.
Beaucoup s'interdisent de goûter alors que ce repas peut leur permettre d'améliorer leur nutrition.


Vous avez d'ailleurs observé Françoise que votre niveau  de faim est trop haut sur votre dîner, nous pouvons imaginer que recharger les batteries en début de soirée pourrait vous aider à aborder le dîner avec plus de sérénité.
Je vous invite donc à expérimenter de prendre une collation et d'observer ce qui se passe.

Bien évidement je vous invite à préférer des aliments nutritionnellement intéressants:

 

- fruits frais ou fruits secs (abricots, pruneaux, figues...)

- fruits à coque non salés (noix, amandes, noisettes...)

- pain complet, galettes de riz

- céréales type muesli ou flocons d'avoine

- chocolat noir

- laitages

- biscuits type "petit beurre"

- ...

 

Bonne expérimentation gourmande

 

Florian

 

 

 

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17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 10:30

Pour un diététicien il est intéressant de différencier deux formes de diététique.

La première fait référence à l'étymologie grecque "diaita" qui signifie "art de vivre"; c'est la vision humaniste de la diététique, celle qui permet à l'individu mais aussi aux collectifs d'être en phase. C'est la diététique qui réuni la triple fonction plaisir/réunir/nourrir. Diaita est également une vision intégrative de la diététique, elle ne réduit pas la diététique à la nutrition mais l'intègre dans une vision plus large incluant avec elle sociologie, psychologie, anthropologie et philosophie.

La seconde est un néologisme, "diétiktat" (l'américain M. Pollan lui préfère le terme "nutritionnisme"), vision post moderne de la diététique dans laquelle celle-ci est utilisée comme un moyen de contrôler le corps, de le normaliser. Diétiktat c'est la diététique qui nous est imposée comme un dogme.
"Dietiktat" c'est également la vision de la diététique de l'industrie agro-alimentaire qui en sur-médicalisant notre assiette génère toujours plus d'anxiété ce qui génère toujours plus de consommation.
Enfin diétiktat c'est la diététique qui réduit l'aliment à une addition de nutriments. C'est le dogme qui était déjà dénoncé dans l'excellent livre de mon ami Paul Ariès en 1997, la Fin des Mangeurs (Desclée de Brouwer). Je terminerai d'ailleurs par une citation de Ariès extrait de cet ouvrage de référence.
« la techno-science prend de plus en plus ouvertement le pouvoir et les diététiciens se muent de plus en plus en clergé »

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/41QSF598RTL._.jpg

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21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 09:49

 

"Les biscuits Oreo produisent sur le cerveau des effets similaires à la cocaïne"

 

Voila l'actualité qui circule depuis quelques jours. Cette affirmation repose sur les travaux d'étudiants en neuroscience qui ont mis en évidence que la consommation des fameux biscuits stimule les mêmes zones du cerveau que certaines drogue. Même si cette actualité repose sur des faits scientifiques cette façon d'aborder l'actualité me pose problème et à même tendance à me faire hérisser le poil.

En tant que spécialiste des addictions je peux vous affirmer que ceci est un non sens. Le sexe, manger des choses bonnes, se faire masser, jouer...activent le nucleus accumbens (centre de la récompense) et cela de manière physiologique. On ne peut pas reprocher à la nourriture d'être agréable non? Cela reviendrait à reprocher au sexe d'être plaisant et aux massages d'être agréables.

Cela renforce l'idée que les aliments sont les ennemis et font basculer la problématique vers l'objet. Alors que c'est bien l'usage qui pose problème (la surconsommation).
Manger de manière compulsif des Oréo est problématique, tout comme courir les jupons comme un DSK, se défoncer la coc', jouer avec excès...
Mais doit-on considérer le sexe, la bouffe et les bonnes choses systématiquement comme des problèmes? N'est-ce pas là le signe que nous avons basculé dans une société dans laquelle l'aliment est l'ennemi?
Cela est tellement simple de désigner des bouc-émissaires.

 

#addiction alimentaire #coup de gueule # oreo

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