Tous les nutritionnistes du monde sont d'accord sur une chose, la prise de poids est lié à une consommation calorique supérieure aux besoins de l'organisme.

Pour mincir il existe donc deux solutions :

- manger de la même façon qu'avant mais des' aliments peu caloriques (mais aussi peu goutus): yaourt 0%, viandes blanches, poisson vapeur, légumes sans gras, fruits...

- ou manger moins, c'est à dire manger de tout mais en arrêtant de manger dès que l'organisme envoi les signaux de "stop". Un mangeur à l'écoute de ces signaux peut manger de tout sans grossir, il s'arrêtera de manger dès que son corps aura reçu suffisamment d'énergie.

Personnellement je préfère travailler avec cette 2eme méthode qui me parait finalement pleine de bon sens,  le plaisir de la table est conservé et la frustration est absente.

Pour beaucoup il est difficile de savoir quand arrêter de manger, les signaux sont mal perçus ou la gourmandise fait parfois manger plus que sa faim.

Il faut apprendre à sortir de table dans sa "zone de confort"

La zone de confort, en gros, ce serait l'état dans lequel on se sent bien après avoir mangé : on prend son repas, on mange, et puis on s'arrête parce qu'on n'a plus faim et que l'on n'est pas encore "trop plein"...

Bref, on ressent un état agréable qui nous situe dans notre "zone de confort". Un état plaisant, un juste équilibre à mi-chemin entre le "pas assez mangé" et le "trop mangé", bref une sensation de justesse, et avant tout de confort digestif!

Voila les questions qu'il faut se poser au cour d'un repas :

- "si je me ressers (ou si je finis mon assiette) aurai-je encore de la place pour le dessert?"

- "si je me ressers (ou si je finis mon assiette) est ce que je ne serais finalement pas moins bien que maintenant?(ventre trop plein, écoeurement...)"

-"si je me ressers (ou si je finis mon assiette), est ce que je serais toujours dans le plaisir?"

Généralement cette approche permet d'excellents résultats, mais elle demande une remise en question complète du comportement alimentaire du patient. En même temps on ne peut pas mincir sans modifier sa façon de se comporter face à l'alimentation. La baguette magique amincissante n'existe malheureusement pas...

Florian Saffer - diététicien - comportementaliste
Quand on parle des «gros» autour d'elle, Nathalie* ne peut pas s'empêcher de tiquer, lassée qu'on traite les obèses comme s'ils étaient coupables de leur handicap et qu'on dise d'eux qu'ils "coûtent trop cher".

Hier, la jeune femme nous a reçus chez elle. Aide-soignante, elle pèse 84 kilos pour 1 mètre 50. Elle nous accueille pourtant vêtue d'une tenue de sport moulante. «Je fais beaucoup de tennis et de marche à pied et je suis en parfaite santé!» explique-t-elle, presque par bravade. Nathalie, 27 ans, ne nie pas qu'elle est obèse, mais déteste les clichés autour des «gros»: «On me voit comme une irresponsable, comme une nulle, presque comme une criminelle! Tous les jours, j'ai droit à des remarques venant de gens que je connais à peine, et qui me blessent.»

Pas droit au bonheur
Ces remarques, elle doit les supporter depuis l'âge de 5 ans. «J'étais déjà en surpoids, à l'époque. Je pense que c'était lié à une situation familiale pénible. Mes parents s'engueulaient et moi, je me réfugiais dans la nourriture. A l'école, on a commencé à me traiter de grosse vache. Et plus j'avais l'impression qu'on me détestait, plus je mangeais. Pourtant, je savais bien que ce que je faisais n'était pas bien.» A l'adolescence, rien ne change: «Comme les autres filles, j'avais envie de plaire aux garçons. Mais je voyais qu'ils ne voulaient pas de moi. Cela renforçait mon mal-être et je mangeais toujours plus.» Désemparés, ses parents l'emmènent chez un médecin qui impose à la jeune fille un régime draconien. «C'était violent. J'ai perdu 15 kilos en un an, car on m'avait forcée à m'affamer. J'ai tout repris ensuite, parce que je me sentais toujours aussi mal et que l'on ne m'avait pas appris à manger correctement.» A l'époque, Nathalie ne s'aime pas et se met dans la tête qu'elle n'a pas droit au bonheur: «Mes parents me disaient que si je ne maigrissais pas, je ne trouverais pas de mari.»

Le bonheur, pourtant, lui tombe dessus à l'âge de 20 ans. «J'ai trouvé l'homme de ma vie, qui est aujourd'hui mon mari. Il est mince, mais il m'a acceptée comme j'étais. Pour la première fois, je me suis sentie aimée, sereine. J'ai eu mes premières relations sexuelles. Je me suis mise au sport et à manger mieux. Depuis, j'ai complètement cessé de grossir. Pourtant, je continue de m'autoriser les tartiflettes et les McDo, de temps en temps.» Elle ajoute, fièrement, qu'elle a perdu 4 kilos rien qu'au cours des deux derniers mois.

Mais les humiliations n'ont pas cessé, et elles sont toujours aussi dures à avaler. «Un jour, je mangeais un sandwich dans la rue. Une dame s'est approchée et m'a dit: «Vous n'avez pas honte? Vous êtes assez grosse comme ça.» Je me sentais tellement mal que j'ai fait une crise en rentrant chez moi.» Même si elle se sent assez solide pour ne pas replonger complètement, Nathalie sait que son pire ennemi, c'est le mépris des autres. «C'est ça qui nous fait grossir! Ce n'est qu'en se sentant aimé et respecté que l'on peut arriver à moins manger. Alors, par pitié, si vous voyez une personne en surpoids manger une saucisse, laissez-la tranquille!»

Lorsqu'une distraction extérieure nous mobilise pendant le repas, nous pouvons augmenter de 15 % notre consommation sans nous en rendre compte et sans voir augmenter pour autant notre sensation de satiété. Plusieurs études montrent que les adultes comme les enfants mangent plus et plus souvent lorsqu'ils prennent leur repas devant la télévision.
Amis cyclistes j'ai l'honneur de vous annoncer que vous pouvez maintenant me lire dans le magazine Vélomagazine.

Ce mois ci ma chronique porte sur l'alimentation hivernale.

Bonne lecture




Florian SAFFER - diététicien - comportementaliste
Prise en charge nutritionnelle et micronutritionnelle de sportifs de tous niveaux

« Lorsque je me retrouve seule à la maison c’est plus fort que moi je me jette sur la nourriture, je m’empiffre, tout se passe comme si je manquais d’oxygène, comme si cette bouffe m’était nécessaire pour ne pas devenir fou, impossible de résister »

 

Ce témoignage m’a été adressé par l’un de mes patients que nous nommerons Paul. Paul connaît ce que l’on appelle des « binge », c'est-à-dire des compulsions de nourritures ; en d’autres termes des envies irrépressibles de manger.

 

Ce n’est pas la faim qui pousse Paul à se goinfrer mais bien une pulsion ; tout se passe comme si Paul était en manque d’une substance et que ce manque générait chez lui une tension insurmontable.

Manger ou plutôt bouffer ici semble n’avoir que cette seule fonction ; le but n’est pas ici de se nourrir ou de se faire du bien. Nous sommes ici bien loin de la gourmandise qui nous fait parfois manger sans faim ou au-delà de notre appétit.

 

Ces « binge » s’apparente plus à une « addiction aux gavages », d’ailleurs d’un point de vue scientifique, les troubles du comportement alimentaire ont beaucoup de similitudes avec les addictions à l’alcool ou aux drogues.

Comprendre comment fonctionne le cerveau des dépendants aux drogues nous ouvre pas mal de piste de travail sur la prise en charge des compulsions alimentaires.

Nous savons que la prise de drogue comme la cocaïne augmente le taux de dopamine dans certaines parties du cerveau (la dopamine est le messager cérébral du plaisir) ; en consommant régulièrement de la cocaïne le cerveau s’habitue à ces taux anormalement hauts d’hormone du plaisir.
Or lorsque les prises de substances sont espacées le cerveau souffre fortement du manque de dopamine, le drogué se sent alors « en manque », concrètement son cerveau est obnubilé par la consommation de drogue. Toutes les pensées tournent autour de la drogue, l'esprit est tiraillé entre le fait d'être abstinent ("il ne faut pas que je craque") et le besoin de substance.

Comme le disait Claude Olievenstein il y a 20 ans dans son livre "il n'y a pas de drogué heureux"!

Les crises de nourriture compulsives répondent en partie aux mêmes mécanismes.

 

Comment aider les personnes qui comme Paul sont victimes de binge?

 

La stratégie la plus adaptée est de proposer un "sevrage boulimique". Plusieurs modes de sevrages existent un sevrage radical ou un sevrage progressif.
Le sevrage progressif consiste à retarder les crises de nourriture, en commençant par une durée courte (3 minutes) et en augmentant progressivement cette durée pour atteindre au bout de quelques semaines une durée de 25 minutes. Dans la grande majorité des cas, une fois les 25 minutes passées la compulsion disparait.
Même si ceci parait simple sur le papier, ce sevrage est d'une violence inouîie, les 5 premières minutes sont souvent associé à un état émotionnel inconfortable (anxiété, irritabilité...) et même parfois à des signes physiques marqués (tremblement, pleurs, sueurs...). En général, j'associe à ce sevrage des exercices  de relaxation ou de méditation thérapeutique (mindfulness).

 

Si comme Paul vous êtes victime de binge, ayez conscience que l'on estime à 3% le nombre de français sujet à ces compulsions. Ne désespérez pas des solutions existent. N'hésitez pas à prendre contact avec un professionnel de santé formé à la prise en charge des troubles de la conduite alimentaire.

 

Florian SAFFER - diététicien - comportementaliste

Etudiant en DU "étude des toxicomanies"

 


 


L’obésité et les maladies liées à la nutrition sont de vrais problèmes de santé publique.

 

Il est évident que nos excès alimentaires sont en causes dans grandes nombres de nos maladies de civilisation : diabète, maladies cardio-vasculaires, prise de poids… 
 

Afin de stopper l’incendie, la France a mis en place d’important moyen via de coûteuses campagnes de prévention (le fameux PNNS : plan national nutrition santé) ; ces infos sont d’ailleurs largement reléguées par l’ensemble des médias qui ne cessent de nous dire comment manger. 
 

N’avez-vous pas remarqué que depuis quelques années certains nutritionnistes se sont transformés en super héro des plateaux TV ? 
 

L’idée d’apporter des outils aux français pour se prendre en main ne me dérange pas sur le principe ; mais l’approche actuelle m’irrite pour plusieurs raisons :

 

La première est que les solutions proposées ne sont que nutritionnelles (manger plus de ceci moins de cela…). A s’obstiner à nous imposer uniquement des solutions diététiques on passe certainement à côté de l’essentiel.

 

Selon moi, les déséquilibres alimentaires que nous observons aujourd’hui ne sont pas la conséquence d’un manque de connaissance en nutrition ; ils sont davantage le fruit de modifications de notre environnement et des modification de nos rythmes de vie : nous ne prenons plus le temps de manger, de faire de vrais repas, de cuisiner ou de simplement prendre le temps de ne rien faire… A ceci s’ajoute que nos aliments ont changé : le nombre d’aliments disponibles dans les rayons de nos supermarchés ne fait qu’augmenter.

 

Le dénominateur commun à tout cela est la disparition d’une culture alimentaire et une profonde perte de repères.
Nos grands-parents ignoraient tout des règles d’équilibre alimentaire mais ils savaient composer de vrais repas et prendre le temps de manger.  Les plats de la cuisine traditionnelles françaises sont d’ailleurs des plats très intéressant d’un point de vue nutritif : cassoulet, choucroute, petit salé aux lentilles… sont des plats complets et équilibrés. Sources de sucres lents, de vitamines, de fibres, de protéines…

 

Le problème est que cette culture alimentaire est de moins en moins transmise.

 

Vouloir solutionner l’effacement de cette culture par des mesures  diététiques revient ici à mettre du mercure au chrome sur une jambe de bois. Cela ne solutionne rien.

 

La seconde raison qui fait que je suis critique par rapport à tout ces conseils nutritionnels est que cette sur-information diététique nous oriente vers un « hyper contrôle alimentaire ». Beaucoup de mes patients dépensent beaucoup d’énergie à contrôler leur alimentation, à sélectionner les « bons aliments » à fuir les « mauvais « .
Beaucoup culpabilisent lorsqu’ils consomment des aliments "diététiquement incorrects" susceptibles de leur faire prendre du poids ou de faire monter leur cholestérol.

 

A force de laisser entendre aux français que certains aliments sont « mauvais », on crée une véritable confusion dans les esprits et on perturbe, parfois fortement, la relation des français à la nourriture.

 

Les messages de préventions oublient de préciser que seul les excès sont préjudiciables ; que le sucre, le gras et le sel ne sont potentiellement dangereux qu’en cas d’excès !

   

Enfin à force d’aborder l’alimentation que sous un angle « nutrition » on relègue au second plan la notion de plaisir et de convivialité.

Or le " modèle  alimentaire Français "  centrant l’acte alimentaire sur le plaisir et la convivialité est protecteur du surpoids. Bien que trop de français soient trop ronds, nous sommes les européen les plus minces !


Payer des diététiciens pour faire de l'éducation nutritionelle dans les école est, selon moi, une abberration. Nous transformons nos enfants en petits singes savants qui connaissent le rôle de chacune des familles d'aliments mais qui passent à côté de l'essentiel : manger sain c'est avant tout manger avec plaisir, en prenant le temps et en écoutant ses sensations alimentaires.
 

Les règles culturelles et les usages sociaux sont plus forts que le modèle d'alimentation rationnelle individualiste, qui n'a pas prouvé qu'il était une solution. Aux Etats-Unis, on fait de l'éducation nutritionnelle et des programmes de santé publique depuis au moins un siècle. Les recommandations sont innombrables. Les obèses aussi ! CQFD

 

Plutôt que nous sur informer sur les règles de base de la diététique, il semblerait plus pertinent de réinstaurer une vraie culture alimentaire axée sur le plaisir et la convivialité.

Petite réflexion: la camapgne 5 fruits et légumes ne serait-elle pas plus efficace si elle nous présentait ces aliments sous un angle plus "plaisir"? Nous faire saliver plutôt que nous culpabiliser ne serait-ce pas une meilleure approche?

Petite video de Gerard Apfeldorfer sur le model Français

http://www.omegatv.tv/video/22008765001/sante/surpoids/obesite--pourquoi-la-France-est-epargnee#


Article en lien avec ce thème : l'interview de Catherine Pinet Fernandes - sociologue dans le cadre de la journée internationale sans régime

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