Lorsqu'une distraction extérieure nous mobilise pendant le repas, nous pouvons augmenter de 15 % notre consommation sans nous en rendre compte et sans voir augmenter pour autant notre sensation de satiété. Plusieurs études montrent que les adultes comme les enfants mangent plus et plus souvent lorsqu'ils prennent leur repas devant la télévision.
Amis cyclistes j'ai l'honneur de vous annoncer que vous pouvez maintenant me lire dans le magazine Vélomagazine.

Ce mois ci ma chronique porte sur l'alimentation hivernale.

Bonne lecture




Florian SAFFER - diététicien - comportementaliste
Prise en charge nutritionnelle et micronutritionnelle de sportifs de tous niveaux

« Lorsque je me retrouve seule à la maison c’est plus fort que moi je me jette sur la nourriture, je m’empiffre, tout se passe comme si je manquais d’oxygène, comme si cette bouffe m’était nécessaire pour ne pas devenir fou, impossible de résister »

 

Ce témoignage m’a été adressé par l’un de mes patients que nous nommerons Paul. Paul connaît ce que l’on appelle des « binge », c'est-à-dire des compulsions de nourritures ; en d’autres termes des envies irrépressibles de manger.

 

Ce n’est pas la faim qui pousse Paul à se goinfrer mais bien une pulsion ; tout se passe comme si Paul était en manque d’une substance et que ce manque générait chez lui une tension insurmontable.

Manger ou plutôt bouffer ici semble n’avoir que cette seule fonction ; le but n’est pas ici de se nourrir ou de se faire du bien. Nous sommes ici bien loin de la gourmandise qui nous fait parfois manger sans faim ou au-delà de notre appétit.

 

Ces « binge » s’apparente plus à une « addiction aux gavages », d’ailleurs d’un point de vue scientifique, les troubles du comportement alimentaire ont beaucoup de similitudes avec les addictions à l’alcool ou aux drogues.

Comprendre comment fonctionne le cerveau des dépendants aux drogues nous ouvre pas mal de piste de travail sur la prise en charge des compulsions alimentaires.

Nous savons que la prise de drogue comme la cocaïne augmente le taux de dopamine dans certaines parties du cerveau (la dopamine est le messager cérébral du plaisir) ; en consommant régulièrement de la cocaïne le cerveau s’habitue à ces taux anormalement hauts d’hormone du plaisir.
Or lorsque les prises de substances sont espacées le cerveau souffre fortement du manque de dopamine, le drogué se sent alors « en manque », concrètement son cerveau est obnubilé par la consommation de drogue. Toutes les pensées tournent autour de la drogue, l'esprit est tiraillé entre le fait d'être abstinent ("il ne faut pas que je craque") et le besoin de substance.

Comme le disait Claude Olievenstein il y a 20 ans dans son livre "il n'y a pas de drogué heureux"!

Les crises de nourriture compulsives répondent en partie aux mêmes mécanismes.

 

Comment aider les personnes qui comme Paul sont victimes de binge?

 

La stratégie la plus adaptée est de proposer un "sevrage boulimique". Plusieurs modes de sevrages existent un sevrage radical ou un sevrage progressif.
Le sevrage progressif consiste à retarder les crises de nourriture, en commençant par une durée courte (3 minutes) et en augmentant progressivement cette durée pour atteindre au bout de quelques semaines une durée de 25 minutes. Dans la grande majorité des cas, une fois les 25 minutes passées la compulsion disparait.
Même si ceci parait simple sur le papier, ce sevrage est d'une violence inouîie, les 5 premières minutes sont souvent associé à un état émotionnel inconfortable (anxiété, irritabilité...) et même parfois à des signes physiques marqués (tremblement, pleurs, sueurs...). En général, j'associe à ce sevrage des exercices  de relaxation ou de méditation thérapeutique (mindfulness).

 

Si comme Paul vous êtes victime de binge, ayez conscience que l'on estime à 3% le nombre de français sujet à ces compulsions. Ne désespérez pas des solutions existent. N'hésitez pas à prendre contact avec un professionnel de santé formé à la prise en charge des troubles de la conduite alimentaire.

 

Florian SAFFER - diététicien - comportementaliste

Etudiant en DU "étude des toxicomanies"

 


 


L’obésité et les maladies liées à la nutrition sont de vrais problèmes de santé publique.

 

Il est évident que nos excès alimentaires sont en causes dans grandes nombres de nos maladies de civilisation : diabète, maladies cardio-vasculaires, prise de poids… 
 

Afin de stopper l’incendie, la France a mis en place d’important moyen via de coûteuses campagnes de prévention (le fameux PNNS : plan national nutrition santé) ; ces infos sont d’ailleurs largement reléguées par l’ensemble des médias qui ne cessent de nous dire comment manger. 
 

N’avez-vous pas remarqué que depuis quelques années certains nutritionnistes se sont transformés en super héro des plateaux TV ? 
 

L’idée d’apporter des outils aux français pour se prendre en main ne me dérange pas sur le principe ; mais l’approche actuelle m’irrite pour plusieurs raisons :

 

La première est que les solutions proposées ne sont que nutritionnelles (manger plus de ceci moins de cela…). A s’obstiner à nous imposer uniquement des solutions diététiques on passe certainement à côté de l’essentiel.

 

Selon moi, les déséquilibres alimentaires que nous observons aujourd’hui ne sont pas la conséquence d’un manque de connaissance en nutrition ; ils sont davantage le fruit de modifications de notre environnement et des modification de nos rythmes de vie : nous ne prenons plus le temps de manger, de faire de vrais repas, de cuisiner ou de simplement prendre le temps de ne rien faire… A ceci s’ajoute que nos aliments ont changé : le nombre d’aliments disponibles dans les rayons de nos supermarchés ne fait qu’augmenter.

 

Le dénominateur commun à tout cela est la disparition d’une culture alimentaire et une profonde perte de repères.
Nos grands-parents ignoraient tout des règles d’équilibre alimentaire mais ils savaient composer de vrais repas et prendre le temps de manger.  Les plats de la cuisine traditionnelles françaises sont d’ailleurs des plats très intéressant d’un point de vue nutritif : cassoulet, choucroute, petit salé aux lentilles… sont des plats complets et équilibrés. Sources de sucres lents, de vitamines, de fibres, de protéines…

 

Le problème est que cette culture alimentaire est de moins en moins transmise.

 

Vouloir solutionner l’effacement de cette culture par des mesures  diététiques revient ici à mettre du mercure au chrome sur une jambe de bois. Cela ne solutionne rien.

 

La seconde raison qui fait que je suis critique par rapport à tout ces conseils nutritionnels est que cette sur-information diététique nous oriente vers un « hyper contrôle alimentaire ». Beaucoup de mes patients dépensent beaucoup d’énergie à contrôler leur alimentation, à sélectionner les « bons aliments » à fuir les « mauvais « .
Beaucoup culpabilisent lorsqu’ils consomment des aliments "diététiquement incorrects" susceptibles de leur faire prendre du poids ou de faire monter leur cholestérol.

 

A force de laisser entendre aux français que certains aliments sont « mauvais », on crée une véritable confusion dans les esprits et on perturbe, parfois fortement, la relation des français à la nourriture.

 

Les messages de préventions oublient de préciser que seul les excès sont préjudiciables ; que le sucre, le gras et le sel ne sont potentiellement dangereux qu’en cas d’excès !

   

Enfin à force d’aborder l’alimentation que sous un angle « nutrition » on relègue au second plan la notion de plaisir et de convivialité.

Or le " modèle  alimentaire Français "  centrant l’acte alimentaire sur le plaisir et la convivialité est protecteur du surpoids. Bien que trop de français soient trop ronds, nous sommes les européen les plus minces !


Payer des diététiciens pour faire de l'éducation nutritionelle dans les école est, selon moi, une abberration. Nous transformons nos enfants en petits singes savants qui connaissent le rôle de chacune des familles d'aliments mais qui passent à côté de l'essentiel : manger sain c'est avant tout manger avec plaisir, en prenant le temps et en écoutant ses sensations alimentaires.
 

Les règles culturelles et les usages sociaux sont plus forts que le modèle d'alimentation rationnelle individualiste, qui n'a pas prouvé qu'il était une solution. Aux Etats-Unis, on fait de l'éducation nutritionnelle et des programmes de santé publique depuis au moins un siècle. Les recommandations sont innombrables. Les obèses aussi ! CQFD

 

Plutôt que nous sur informer sur les règles de base de la diététique, il semblerait plus pertinent de réinstaurer une vraie culture alimentaire axée sur le plaisir et la convivialité.

Petite réflexion: la camapgne 5 fruits et légumes ne serait-elle pas plus efficace si elle nous présentait ces aliments sous un angle plus "plaisir"? Nous faire saliver plutôt que nous culpabiliser ne serait-ce pas une meilleure approche?

Petite video de Gerard Apfeldorfer sur le model Français

http://www.omegatv.tv/video/22008765001/sante/surpoids/obesite--pourquoi-la-France-est-epargnee#


Article en lien avec ce thème : l'interview de Catherine Pinet Fernandes - sociologue dans le cadre de la journée internationale sans régime


La production et la consommation d’huile de palme, que l’on trouve dans de nombreux produits alimentaires, représentent un vrai danger pour la santé, l’environnement et la faune sauvage. 

L'huile de palme est présente dans un produit sur dix dans les rayons des supermarchés, notamment dans les produits dits industriels (biscuits, chips, brioches…) .


Pourtant sa richesse en acides gras saturés rend l’huile de palme potentiellement mauvaise pour la santé car ses acides gras (les acides palmitiques) sont très athérogènes, c'est à dire qu'ils augmentent le risque de maladies cardiovasculaires. Certains chercheurs estiment même qu'une forte consommation d'acide palmitique augmente le risque de surpoids!

Contrairement aux idées reçues, la surconsommation de graisses saturées que nous faisont en France n'a pas pour origine les aliments d'origine animale comme le fromage, les charcuteries ou le beurre mais bien des aliments industriels contenant de l'huile de palme!

 Extraite des fruits du palmier en Afrique et Asie, l’huile de palme fait face à une demande croissante de la part des industriels. En effet cette matière est très bon marché!

Pour cultiver davantage de palmiers, les arbres sont abattus et laissent place à des plantations de palmiers. Un désastre écologique qui menace à court terme la survie d’espèces animales comme les grands singes d’Asie.

Compte tenu de ses effets sur la santé et de son impact sur l'environnement je vous conseille de limiter votre consommation d'aliment contenant de l'huile de palme.

Concrètement:

- Lisez les étiquettes des goûters et autres aliments destinés à vos enfants! Ces sont souvent ces produits qui sont gorgés d'huile de palme. Faites également attention à la composition de tous les aliments industriels que vous achetez.

- Préférez pour vos enfants et pour vous les aliments simples, limitez les aliments industriels.

exemple de goûter : tartines e pain et miel, yaourt, fruit frais

- Faite attention aux aliments industriels "premier prix", leur faible prix de vente nécessite forcement des matières premières bon marché

- Faites entendre votre mécontentement aux grandes marques utilisant de l'huile de palme dans leur préparation. N'hésitez pas à contacter leurs services consommateurs pour exprimer votre incompréhension!

Gardons tout de même à l'esprit que seul une consommation trop importante d'huile de palme est problématique, il n'y a rien de grave que vos bambins consomment une ou deux fois par semaine des goûters "industriels" mais ces aliments ne doivent pas être la base de leur alimentation!

 Florian SAFFER - diététicien - comportementaliste
Spécialiste de l'enfant et de l'adolescent


Article en lien avec ce billet :

Alimentation de l'enfant : attention au sirop de gluose-fructose

 

 

 

A chacune de mes visites en librairie je m'arrête au rayon "santé" afin de feuilleter, par curiosité, les livres dédiés à la perte de poids.

Tous ces ouvrages vous promettent bien évidement de perdre simplement du poids, pour cela  il suffit de manger différemment ; tous ces grands nutritionnistes sont formels : nous mangeons mal; trop de graisses, pas assez de légumes, trop le soir et pas assez le matin... chacun y va de sa petite théorie; pour certains nous ne perdons pas de poids à causes des sucres que nous mangeons d'autres pensent que nous devrions manger plus de protéines, d'autres nous recommandent de manger des produits allégés...

Pour ces "assiétologues"( pour reprendre un néologisme de mon confrère Nicolas Sahuc) perdre du poids s'apparente à l'apprentissage d'une nouvelle façon de manger. Cet apprentissage nécessite bien évidement de connaitre les aliments pouvant être mangé, ceux à éviter, les associations déconseillées, les moments pour les manger...

Toutes ces théories ont certes une certaine pertinence mais elles manquent selon moi de bon sens.
De plus se contraindre à une suivre un régime alimentaire permet certes une perte de poids à court terme mais dans la grande majorité des cas les kilos péniblement perdus reviennent  avec le temps, souvent accompagné de kilos bonus, le fameux effet yo-yo.
A ceci s'ajoute que le fait de trop "penser son alimentation" génère un état de frustration conduisant à une détérioration du rapport à la nourriture.

Revenons à un peu de  bon sens si vous le voulez bien.

Lorsque je demande à me patients comment ils pourraient s'y prendre pour faire mincir leur chat devenu obèse, la grande majorité me répond qu'il lui donnerait un peu moins à manger. Une réponse pleine de bon sens!
Il ne viendrait à l'idée de personne de donner des croquettes allégées à son chat, non?

Pourquoi en serait-il autrement pour nous? Pourquoi devrions nous apprendre à manger différemment alors que le problème n'est pas la "qualité" de ce que nous mangeons mais bien la quantité!

 Nos portions sont trop grandes, nous avons souvent plus grand yeux que grands ventres, nous finissons des assiettes trop remplies ... Il est évident que nous mangeons souvent bien au-delà de notre faim. A ceci s'ajoute le fait que dans notre société d'abondance, nous mangeons souvent sans avoir faim, simplement parce que la nourriture est là devant nos yeux.

Cette abondance de nourriture fait aussi que nous respectons moins ce que nous avons dans nos assiettes : nous engloutissons sans prendre le temps de déguster, d'apprécier ou de simplement de mâcher.

Le modèle américain est une belle illustration ; aux Etats-Unis les portions d’aliments sont démesurés… rien d’étonnant à ce que l’obésité y soit la norme !

En y réfléchissant bien, le plaisir n'est pas lié à la quantité de ce que nous mangeons; lorsque nous mangeons un aliment qui nous fait du bien ce sont surtout les premières bouchées qui sont vraiment bonnes.



Voici quelques conseils de bon sens pour manger moins:

- attendez d'avoir faim pour manger,
- si vous n'avez pas très faim lors d'un repas, prenez de petites portions,
- ne vous interdisez rien, écoutez vos envies mais prenez le temps de déguster,
- utilisez des petites assiettes et des petits couverts,
- n'ayez pas plus grand yeux que grand ventre (même au fast food !)
- ne finissez pas vos assiettes quand vous n'avez plus faim (il en va de même lorsque vous mangez une pizza!)
- prenez le temps de manger, de mâcher, de savourer

Gardons à l'esprit que réduire de 10% tous les jours la quantité de nourriture que nous mangeons équivaut, après une année, à la suppression de 36 jours de repas!

me consulter


04 avenue Mar Leclerc
38300 Bourgoin
04 74 28 39 98

A lire absolument













Maigrir sans régime
JP Zermati













La naissance du goût
Natalie Rigal
 

    









Je mange donc je suis
     G Apfeldorfer













La diététique du cerveau
JM Bourre

 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés