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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 15:12

Il n'y a plus aucun doute aujourd'hui sur le fait que l'industrie agroalimentaire utilise l'argument nutritionnel dans une logique marketing. La margarine anti-cholestérol est un exemple frappant.

Les graisses et notamment les graisses dites saturées (celle du beurre notamment) ont été longtemps misent à l'index comme néfastes pour la santé cardiovasculaire.
Cela repose sur le raccourci suivant : le cholestérol est mauvais pour les artères, les graisses saturées augmentent la production de cholestérol, il faut donc limiter les graisses saturées pour préserver nos artères!
Le problème est que cette simplification s'avère inexacte. Une alimentation contrôlée en graisses et en acides gras saturés fait effectivement diminuer le cholestérol mais n'entraine pas de réduction du risque de maladies cardiaques.

En exploitant ces raccourcis scientifiques l'industrie a réussi à diaboliser un aliment nutritionnellement intéressant (le beurre) afin de nous vendre (à prix d'or) ces margarines.

Il est important de préciser que la majorité des margarines censées préserver nos artères sont souvent composées à partir d'huile de tournesol, une huile riche en oméga 6, acides gras dont notre alimentation abonde et qui en excès augmente l'inflammation de bas grade...un facteur favorisant l'ensemble de maladies de civilisation dont les maladies cardio-vasculaires! Un non-sens absolu.

Pour conclure retenons 3 points:

- l'industrie agroalimentaire n'est pas là pour prendre soin de notre santé. Elle est là pour vendre un maximum de produits dont la plupart sont nutritionnellement inutiles voir néfastes.

(lire sur ce sujet l'excellent chapitre du chercheur Pierre Meneton "Nutrition, santé et capitalisme : une incompatibilité de fond" présent dans le livre Les métiers de la santé face aux industries pharmaceutique, agroalimentaire et chimique - éditions L'Harmattan)

- pour être en bonne santé, il est préférable d'adopter une alimentation préférant les produits peu transformés, variée, riche en végétaux (fruits, légumes, légumineuses, fruits à coque, céréales complètes) et n'excluant pour autant aucun aliment.

- la diabolisation d'un aliment ou d'un groupe d'aliment est un non-sens diététique. L'équilibre est une construction reposant sur la diversité et le bon sens (seuls les excès posent problème).
 

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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 17:36

portion.jpg

 

Cette illustration résume parfaitement l'idée:
Plus la portion est importante plus l'apport énergétique du repas est élevé.

 

En lien avec cet article : le conseil du jour pour manger moins: changer d'assiette

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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 14:41

Chers lecteurs, vous avez certainement tous fait le constat que la nutrition est aujourd’hui omniprésente. Il suffit de regarder les spots de publicités pour s’en rendre compte ! Margarine enrichie aux oméga, yaourt à la vitamine D, biscuits allégés en sucre…La surreprésentation des nutritionnistes à la télévision contribue également à ce climat du « tout nutritionnel » ; ces derniers ne nous parlent même plus de viande ou de poisson, d’huile et de beurre..., ils nous parlent uniquement de vitamines, acides gras, d'antioxydants…comme si notre bon vieux steak n’était qu’un assemblage de protéines.

Cette tendance à réduire l’aliment à une sommes de substances nutritives est appelé par le journaliste américain Michael Pollan le nutritionnisme.

Michael Pollan, auteur du récent livre « nutrition, mensonges et propgande »  se braque contre le nutritionnisme en incitant les gens à s’alimenter avec de vrais aliments de qualité, sans se soucier de leur valeur nutritionnelle. Il recommande de choisir des aliments naturels et non ceux avec des allégations « riche en calcium », « anticholestérol », etc.

Je partage à 200% son point de vue. Selon moi le nutritionnisme profite avant tout à l’industrie agro-alimentaire qui grâce à ses aliments enrichis (les fameux alicaments) et ses produits allégés s’engraisse allégrement sur notre dos. De plus ses produits censés nous permettre d’être en meilleure santé sont au mieux inefficaces et sont pour certains probablement néfastes. Prenons l’exemple des produits allégés en sucre comme les yaourts, ils regorgent d’épaississants douteux et sont édulcorés à l’aspartam, un sucre de synthèse qui donnés quotidiennement aux femmes enceintes provoquent des accouchements prématurés. Je pourrais poursuivre avec de nombreux exemples.

Nous pouvons également constater que nos grand-parents qui ignoraient tout de la nutrition s’alimentaient finalement plutôt sainement. : Fruits, légumes, féculents, fromage... étaient la base de leur alimentaition. Or le nutritionnisme a vivement critiqué les modèles traditionnels ; prenons l’exemple du beurre, il a été accusé (à tord) d’être un toxique pour la santé cardio-vasculaire ce qui a permis aux industriels de nous vendre des tonnes de margarines au tournesol. Ces margarines ont-elles permis de réduire le risque de maladies cardiovasculaires ? la réponse est non, leurs graisses sont même aujourd’hui accusées de les favoriser !

Leur seul constat objectif que nous pouvons faire est le suivant : toutes les populations abandonnant leur modèle alimentaire traditionnel (comme c’est le cas en Chine actuellement) pour adopter une alimentation industrialisée connaissent une explosion de l’obésité, des cancers, et des maladies cardiovasculaires.

Autres critiques du nutritionnisme : ce dogme réduit l’aliment à sa seule fonction nutritive. Or un aliment ne véhicule pas que des nutriments, ils véhiculent aussi des représentations, des valeurs, des symboles., des histoires. Par exemple, lorsque je mange un saucisson brioché cuisiné par mes soins, j’ingère aussi des souvenirs (hum le fameux saucisson de ma grand-mère), cela me donne également le sentiment d’appartenir à une culture faisant partie intégrante de mon identité. Ce plat qui a une histoire ne peut être avalé tout rond, il ne peut qu’être respecté savouré, dégusté. Le nutritionnisme ne voit en cette charcuterie qu’une addition de graisses saturées et de sel nocifs pour la santé !

 

Quelles conclusions tirées de ces remarques ?

 

La première : il est préférable de s’alimenter de « vrais aliments » comme les légumes, les fruits, les œufs, le miel, le pain, huile, beurre…ce qui impliquer bien sur de cuisiner soi-même. Pour faire simple : manger comme vos grand-parents

La seconde : fuyez les aliments transformés (y compris les aliments « enrichis»)

La troisième : réappropriez-vous votre culture alimentaire et faites de chaque repas une fête.

 

#nutritionniste #sociologie #diététique intégrative

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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 13:20

un article très intéressant diffusé sur lanutrition.fr

 

http://www.lanutrition.fr/les-news/comment-les-medias-nous-font-grossir.html

 

Dans un monde où l'information est disponible partout, tout le temps, il est légitime de se demander quels impacts peuvent avoir ces nouvelles conditions de vie sur notre comportement ? Vous faîtes les courses, que voyez-vous ? De la nourriture. Vous regardez la télévision, c'est la publicité, que voyez-vous ? De la nourriture.  Vous conduisez en voiture et vous croisez des panneaux publicitaires, que voyez-vous ? De la nourriture.

 

 

Vision de la nourriture et appétit

 

Voir de la nourriture augmente-t-il l'appétit? Les chercheurs ont souhaité répondre scientifiquement à cette question. Pour y parvenir ils se sont focalisés sur la valeur d'une hormone produite chez l'homme et dont le rôle est de réguler la faim, la ghréline. Cette dernière augmente avant les repas et diminue après.

Des chercheurs de l'institut Max Planck en Allemagne ont recruté 8 jeunes adultes masculins en bonne santé et leur ont fait prendre un petit déjeuner à 8h30 puis un repas à 12h00. Dans une première session, ils leur ont présenté, entre 10h30 et 10h45 des images sans rapport avec la nourriture. Une semaine plus tard, pour une deuxième session, ils leur ont montré des images de produits alimentaires. Parallèlement ils ont mesuré leur taux de ghréline toutes les 15 minutes.

Résultat : comparativement à la session ayant présenté des images neutres, les images de nourriture ont augmenté significativement le niveau de ghréline. Les participants ont eu plus d'appétit. Cette étude est la première à montrer que la ghréline est influencée par le signal visuel. On comprend ainsi mieux pourquoi le fait de passer trop de temps devant la télévision ou dans une cuisine est potentiellement néfaste pour la régulation de notre poids : cette stimulation excessive dérègle notre appétit.

 

Appétit et sommeil

 

Si les médias nous confrontent constamment à des images alimentaires ils ont aussi un autre défaut. Nous passons énormément de temps devant nos écrans (télévision, ordinateurs), en particulier le soir, après le travail. Un moment de détente mais qui peut parfois se prolonger tardivement dans la soirée. Conséquence ? Il est clairement établi que la population subit un déficit de sommeil chronique. En 50 ans, notre temps de sommeil moyen est passé de 8h30 par jour à 7h30. Et même si les grasses matinées du week-end nous aident à mieux récupérer nerveusement, il n'est pas dit qu'elles puissent tout compenser.

 

Cette fois des chercheurs Suédois ont voulu examiner l'effet du manque de sommeil sur l'appétit. Pour cela ils ont utilisé la même méthode que les chercheurs Allemands : 12 jeunes adultes en bonne santé ont été suivis après une nuit de sommeil complète ou, dans un deuxième temps, après une nuit blanche. Le lendemain matin ils ont subi un IRM du cerveau ayant pour but d'examiner les éventuelles modifications des zones régulant l'appétit. Après avoir constaté qu'il n'existait pas de différence pour différents paramètres comme le taux de sucre dans le sang, la conclusion des chercheurs est très claire : "Après une nuit complète sans sommeil, l'IRM montre un haut degré d'activation dans une zone du cerveau impliquée dans le désir de manger. Sachant que le manque de sommeil est un problème croissant dans nos sociétés nos résultats peuvent expliquer pourquoi les personnes qui ont de mauvais rythmes de sommeil ont plus de tendance à prendre du poids. Il semble donc important de dormir au moins 8h par nuit."

 
Autre conséquence du manque de sommeil, le métabolisme de tous les sujets était ralenti après la nuit sans sommeil. C'est-à-dire que leur dépense calorique au repos était plus faible. Un facteur de plus qui contribue à faire prendre du poids. Enfin, plusieurs études ont établi que les nuits courtes réduisent le niveau de plusieurs hormones "brûle-graisse" comme la testostérone et l'hormone de croissance.

 

Conclusion

 

Alors quoi faire ? L'hibernation ne semble pas la meilleure méthode pour concilier régime et vie sociale mais il en existe une autre encore plus simple : le soir, éteignez votre ordinateur et la télévision un peu plus tôt. Vous serez ainsi moins assujetti à des stimuli alimentaires visuels et moins stimulé, ce qui facilitera un endormissement plus précoce et un temps de sommeil plus adapté. Ce vieux machin qui traîne dans votre bibliothèque, oui, le livre, est un excellent moyen de terminer sa journée en toute quiétude.

 

Références: Schüssler P, Kluge M, Yassouridis A, Dresler M, Uhr M, Steiger A. Ghrelin Levels Increase After Pictures Showing Food. Obesity (Silver Spring). 2012 Jan 12.

Benedict C, Brooks SJ, O'Daly OG, Almèn MS, Morell A, Aberg K, Gingnell M, Schultes B, Hallschmid M, Broman JE, Larsson EM, Schiöth HB. Acute Sleep Deprivation Enhances the Brain's Response to Hedonic Food Stimuli: An fMRI Study. J Clin Endocrinol Metab. 2012 Jan 18.

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23 juillet 2011 6 23 /07 /juillet /2011 09:52

Voici un texte extrait de la conférence "manger sans peur" de Paul Ariès sur la haine du gras.

 

Bonne lecture

 

La haine du gras n’est pas un phénomène naturel. Elle mérite donc des recherches interdisciplinaires tant elle devient un symptôme du caractère pathologique de notre société. Deux indices : plus d’un américain sur trois considère que le gras est une toxine, plus d’une française sur trois suit un régime alimentaire en dehors de toute pathologie… Comment a-t-on pu faire de cet aliment des Dieux de l’antiquité un poison ? Comment peut-on « bien manger » si on oublie que le gras est le support du goût ? De nombreux chercheurs nord-américains tentent de comprendre depuis des années cette diabolisation du gras, comme symptôme de notre modernité historique.

On sait déjà que cette haine du gras apparait en Angleterre au moment de la réforme religieuse. Pour le dire simplement : les catholiques romains aimaient le gras, tout comme les français, donc les réformés insulaires vont devoir détester le gras : « Historiquement parlant, les origines de cette réaction peuvent remonter à l’Angleterre du XVIIe siècle, quand la gourmandise et la luxure, le couple infernal, étaient des péchés mortels.
La gourmandise ne consistait pas seulement à trop manger mais à consommer trop de nourritures riches en graisses (…) Il y a quatre cent ans, la cuisine riche était quasiment interdite en Grande-Bretagne parce que c’était la cuisine préférée des Français, des Italiens et des catholiques et était perçue comme une menace pour le protestantisme anglais » (Linda Murray-Berzok, Une question de moralité, in Malaise, honte, plaisir, revue Slow, 1994, page 24). La haine du gras fut donc la forme que prit la déclaration d’indépendance à la fois religieuse (protestantisme) et nationale (insularité). Ce mécanisme est bien connu des politologues : on se définit toujours par opposition à son (ses) adversaire(s).

On sait aussi que cette haine du gras accompagna celle de la sexualité. Linda Murray-Berzok a pu établir l’importance de ce lien notamment dans la littérature populaire anglaise. Une femme mangeant « gras », une femme obèse serait aussi nécessairement une femme avide de sexualité, une femme incapable de se contrôler, bref une femme dominée par ses pulsions. L’historienne ajoute : « Il est éloquent que ce soit Madame Sprat (personnage central de la littérature populaire britannique) et non son mari Jack qui mange gras, restant fidèle à l’image des femmes qui, du moins à partir d’Eve, étaient des créatures luxurieuses aux appétits sexuels avides. » Cette disqualification morale des personnes obèses concerne aussi aujourd’hui les enfants et les hommes. On a même vu se constituer aux Etats-Unis une association des personnes obèses souffrant de discriminations notamment au travail en raison de leur embonpoint. Linda Murray-Berzok a donc raison de noter que la minceur a été idéalisée pour réprimer le désir sexuel féminin… a contrario de l’ensemble des autres cultures où des formes opulentes ont toujours été symboles de séduction, de réussite sociale, etc. La femme parfaite française du XIXe siècle est encore la femme-fruit peinte par Renoir. Le signe de la réussite est le petit bourgeois bedonnant… signe qu’il a su « capitaliser »…


La haine du gras est donc aussi un enjeu social et un enjeu de pouvoir. Linda Murray-Berzok note que « Dans la culture américaine, on a toujours enseigné aux femmes à nier la faim et le désir de nourriture et de sexe mais dans le même temps et contradictoirement, on leur demande de donner de la nourriture et du plaisir sexuel aux autres ! » Certaines féministes pensent que cette contradiction est la cause du taux élevé de troubles du désir sexuel et alimentaire chez les femmes. La mondialisation de cette phobie du gras serait donc à mettre en relation avec la domination d’un modèle culturel angloaméricain…et partant du capitalisme. Domination insidieuse : toutes les enquêtes sociologiques réalisées montrent que,confrontées à de simples silhouettes en papier corrélées à des jugements de valeur, les personnes jugent toujours les personnes obèses moins dignes de confiance, plus volages : « la « maigre » était jugée comme sexuellement monogame, alors que la « grosse » était considérée comme ayant des meurs légères. S’abandonner à la nourriture riche en graisses signifiait automatiquement et immédiatement s’abandonner dans le domaine sexuel » (Linda Murray-Berzok ). Domination sociale : on sait en effet qu’on peut diagnostiquer l’obésité en fonction de la classe sociale. La haine du gras est donc une forme du mépris des puissants envers les faibles, une forme de racisme de classe qui viendrait conforter le sexisme et parfois le racisme. Le New York Times pouvait écrire en 1992 : « Les riches maigrissent, les pauvres vivent grâce aux frites. » Linda Murray-Berzok en conclut : « La répulsion vis-à-vis de la graisse a aussi une connotation de classe. Tout comme la manie de la minceur est un phénomène des classes supérieures et les troubles alimentaires se produisent principalement chez les femmes de cette catégorie, de même les gens prennent du poids au fur et à mesure qu’ils descendent l’échelle socio-économique. » La maxime de la modernité alimentaire (manger pour avoir la forme sans les formes) n’est-elle pas celle d’une société de « killers », d’un monde qui justement ne fait plus société ?

 

Le livre "Manger sans peur : diététique et écologie" est disponible ici

 

peur alimentaire #haine du gras # paul aries

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21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 15:00

cocalight.jpg

 

Ha les boissons "light" quelle formidable invention!

 

D'après moi, les boissons "light" sont un peu l'avatar de notre société schizophrène nous demandant à la fois de nous contrôler (notre poids, notre image, notre alimentation...) et de consommer (de préférence le plus possible).

 

En tant que spécialiste des conduites alimentaires, ce type de boisson me dérange pour plusieurs raisons:

 

1 -Elles entretiennent la problématique de la surconsommation

 

"Vous avez peur de grossir, arrêtez de boire sucré, buvez 0", voila le message implicite que nous envoient les industriels de l'agro-alimentaire, bottant ainsi en touche la problématique de base: la surconsommation de nourriture.

C'est évident, se gaver de light entretient le réflexe de gavage. Or faire attention à son poids c'est avant tout sortir de la problématique de "trop" " en apprenant à consommer moins, à manger selon sa faim (et pas plus)  à faire l'impasse sur le superflu tout en préservant l'essentiel (plaisir, convivialité...).

 

En gros se remplir de sucre ou se remplir de "light" c'est la même chose, c'est du remplissage.

 

2 - Elles brouillent les sensations alimentaires et entretiennent la restriction cognitive

 

"ce matin j'ai pris un petit déjeuner léger, j'ai commencé à avoir faim vers 10h pour tenir j'ai bu un Coca light à 11h. A midi j'ai mangé une salade et un yaourt. J'avais faim à 17h, j'ai bu un autre coca light pour me couper la faim...".
Camille, 19 ans - souhaite perdre 3 kilos.

 

Puis-je vous laisser réfléchir 2 minutes à la suite de cette histoire?

 

Et oui bingo, c'est la crise de nourriture en rentrant du travail. Quoi de plus logique, en luttant contre la faim toute la journée Camille est dans l'incapacité de manger "normalement" au dîner. Elle mange sans retenu, de très grosses quantités. La lutte contre la faim se termine généralement par ce type "d'accidents alimentaires". Bien évidement Camille culpabilise de n'avoir pas résisté. Il y a de forte probabilité que la culpabilité la pousse à se remettre en restriction dès le lendemain. Mais heureusement sa boisson light préférée est là pour l'aider à tenir (ou à lutter, c'est comme vous voulez).

 

En considérant les boissons light comme "un précieux coupe faim sans calories" Camille est entré, petit à petit, dans le cercle vicieux de la restriction cognitive où chaque jour est une succession de privation et de perte de contrôle.

 

Pensez-vous qu'en étant dans la lutte Camille puisse vraiment perdre ces kilos?

 

 

3- Elles augmentent la faim et nous poussent à manger plus

 

Même si certains experts (gracieusement financés par Coca et les autres) nous rabâchent que les boissons light n'augmentent pas la sensation de faim, des travaux indépendants, comme ceux de Katherine Appelton, ont clairement montré que la consommation d'une boisson édulcorée avant un repas augmente la prise alimentaire de 150 calories.

 

Ces boissons qui sont censées nous aider à contrôler notre poids augmentent notre sensation de faim et nous pousse à manger plus.

 

Super comme allié minceur non?

 

Pour conclure,

 

en lisant ce billet, je pense que vous voyez là où je veux en venir. Arrêtons de chercher dans la société de consommation des solutions pour ne pas grossir et faisons preuve de bon sens : boire des boissons sucrées n'est pas le problème, c'est en boire trop qui l'est!

Apprenons à être dans le plaisir, le vrai, celui d'un bon verre de sirop le week end en compagnie de toute la famille, celui d'un verre en terrasse avec des amis car en y réfléchissant bien, le plaisir, le vrai, n'est pas dans la répétition et l'excès, il est dans la rareté d'un moment unique.

 

Florian SAFFER - diététicien - comportementaliste

 

toute ma bibliographie : ici

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1 juillet 2011 5 01 /07 /juillet /2011 08:44

Les mentions « Allégée en sucre », « source de calcium », « riche en lait », ou encore « pauvre en matière grasse » sont de  plus en plus présentent sur les étiquettes de nos produits alimentaires.

 
Il serait logique de penser que ces produits sont plus sains, meilleures à la santé, à privilégier lors d’un régime. La réalité est souvent autre.

 
Ces allégations nutritionnelles s’avèrent parfois floues ou discutables et sont souvent présentent pour déculpabiliser le consommateur. Dans bien des cas ces indications sont avant tout des messages marketing.

 
Prenons l’exemple de biscuits portant l’allégation « allégés en matière grasse ». En y regardant de plus prêt l’allègement  est souvent minime (25% par rapport par rapport à la moyenne des produits comparables). De plus cette indication ne souligne qu’un seul aspect du produit (les graisses)  en omettant de mentionner le niveau élevé de sucre. En comparant ce biscuit « allégé » à une biscuit classique on peut se rendre compte que finalement leur apport énergétique sont très proche.

 

Dans cet exemple, l’allégation est avant tout présente pour déculpabiliser le consommateur gourmand.

 
Mettre en avant une caractéristique nutritionnelle d’un produit en dissimulant d’autres caractéristiques moins reluisantes est une stratégie commerciale fréquente.

 
Dans certain cas le « plus nutritionnelle » affiché est très trompeur. C’est le cas sur certaines sucettes dont l’étiquetage met nettement en avant un taux de matière grasse de 0,5%, or les graisses entre très rarement dans la composition de ce type de confiseries. Cet étiquetage a pour but avant tout de dissimuler la teneur en sucre du produit (80%) qui elle n’est indiquée nulle part.

     

Les aliments très riches et très caloriques destinés aux enfants (barres chocolatés, pâtes à tartiner…) présentent, eux aussi,  bien souvent des allégations nutritionnelles : riche en calcium, riche en lait…qui font croire aux parents que ces goûters sont sains et adaptés à la croissance de leurs bambins. En réalité les inconvénients nutritionnels de ces aliments  (riche en graisses de mauvaise qualité, en sucre…) sont largement supérieurs aux avantage mis en avant.

 

Pour conclure, les industriels abusent d'argumentation nutritionnelle afin de nous faire consommer le plus possible d'aliments qui sont bien souvent d'une piètre qualité nutritionnelle.

Gardons à l'esprit qu'une alimentation équilibrée et saine est avant tout une alimentation pauvre en aliments transformés et industriels. Toutes les études épidémiologiques mettent en évidence qu'une alimentation santé doit être composé d'aliments de base le moins transformés possibles comme peuvent l'être les fruits et les légumes, les céréales (pâtes, pain complet...), les légumes secs (lentilles, pois...)  la viande, le poisson, les oeufs, et des matières grasses (huile d'olive...). 

 
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30 juillet 2010 5 30 /07 /juillet /2010 13:29

Les personnes qui ont une alimentation comprenant beaucoup d'aliments transformés et riches en gras auraient un risque plus élevé de dépression, selon une étude britannique publiée dans le British Journal of Psychiatry.

Celles qui ont une alimentation qui s'approche du régime méditerranéen (incluant  fruits, légumes, noix, céréales, poisson, viande blanche et huile d'olive) ont 30% moins de risque.

 

Un solide argument pour se mettre aux fourneaux plutôt que d'opter systématiquement pour les plats "tout prêts", non?

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19 avril 2010 1 19 /04 /avril /2010 19:01

Lorsque l'on parle de prévention du surpoids les réponses sont presque toujours d'ordre qualitative : plus de légumes moins d'aliments gras... or cette vision dichotomique de l'alimentation opposant bons et mauvais aliments ne correspond à aucune réalité scientifique.

En effet, pour ne pas prendre de poids, il faut que l'alimentation couvrent exactement les besoins énergétiques de l'organisme sans apporter d'excédent. Or notre organisme ne fait pas la différence entre les calories de "bons aliments" et de "mauvais aliments". Nous pourrions très bien maintenir notre poids constant en consommant un apport adapté de chocolat et de charcuteries. Dans la même idée il est possible de prendre du poids en mangeant une alimentation riche en fruits et légumes.

Le problème est donc bien quantitatif. Ne pas prendre de poids demande de ne pas être dans l'excès constant.

Rien de surprenant à ce que l'obésité soit caractéristique des pays où la société de consommation est reine.

Des caddies remplis, des placards pleins de brioches, de chocolat et de biscuits, des frigos qui débordent de yaourts, crèmes dessert, charcuteries...nous sommes noyés dans la nourriture. Aucun doute nous sommes devenus des surconsommateurs: nous achetons (et donc nous mangeons) bien plus de nourriture que nous en aurions réellement besoin! Et ceci à la grande joie des industriels de l'agro-alimentaire et de la grande distribution.

Nous surconsommons tellement que nous en arrivons même à jeter près de 15 kilos de nourriture à la poubelle chaque année. 15% de la nourriture est même jetée dans son emballage!

Lorsque je travaille avec mes patients en surpoids un des objectifs majeurs est souvent la réduction du nombre d'aliment achetés chaque semaine; un des critères objectif est la diminution du coût des courses hebdomadaires.

Lors d'un récent entretien, une patiente que nous nommerons Martine m'a confié avoir divisé par 2 le nombre d'achat  de crèmes desserts, viande, charcuteries, biscuits, beurre, crème et plats préparés. Martine ne sait rien interdit pour autant elle a juste appris à modérer sa consommation alimentaire. Cette modération c'est même appliqué à la consommation d'aliments dit "sains" : Martine qui mangeait beaucoup de fruits, de légumes et de produits céréaliers (comme le recommande d'ailleurs les nutritionnistes) à revu ses portions à la baisse.

Résultat, -6 kilos sur la balance en 4 mois tout en conservant un rapport à la nourriture sain.

 

Enfin acheter Moins permet de réaliser des économies permettant d'acheter Mieux.

 

Un autre de mes patients qui mangeait 400g de viande par jour a mis en applicaton ce concept du "moins mais mieux". Il ne mange de la viande plus que 3 fois par semaine mais  se sert maintenant chez un vrai boucher proposant des produits de bonne qualité.

 

Florian SAFFER - diététicien-comportementaliste

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