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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 17:02

Diététicien libéral mon travail consiste à accompagner différents patients souhaitant modifier leur alimentation. L’une des demandes les plus importantes à laquelle je suis confronté est la gestion du poids. Cette demande reflète souvent une souffrance importante associée à la difficulté de cohabiter avec un corps jugé inacceptable.
La réponse à cette demande se traduit souvent par des régimes ou des restrictions caloriques. Ces comportements, bien souvent, majorent la lutte contre leur ressenti dans laquelle sont enfermées ces patients en souffrance. Ces régimes laissent souvent croire que ce combat est un mal nécessaire indispensable pour être enfin bien dans sa peau. En pratique le patient en combat contre son poids et son alimentation n’obtient que très rarement durablement cet état d’apaisement tant recherché. Même lorsque les kilos ont diminué la peur de regrossir est toujours omniprésente. L’acte alimentaire est alors enchainé au poids, cette perte de liberté entraine souvent une réduction du répertoire comportemental, l’énergie vital étant surinvestie dans cette lutte, l’engagement dans une vie qui a du sens passe au second plan.

Il me semble pertinent de toujours s’interroger sur la fonction que peut avoir la volonté d’agir sur son poids. Est-ce un moyen d’avancer vers des valeurs importantes (santé, féminité…) ou est-ce une volonté de se soustraire à la difficulté de vivre avec ses complexes ? Et même lorsque la volonté initiale est d’agir en direction d’une valeur le chemin emprunté est-il toujours celui de la bienveillance envers-soi ?
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30 septembre 2013 1 30 /09 /septembre /2013 13:04

Voici un petit exercice sur l’image corporelle que je propose très souvent à mes patients.

Observez cette pomme et observez les pensées que votre tête génère.

pomme.jpg

Il suffit généralement de quelques secondes pour observer des pensées sur cette simple image.
Il est impossible de ne pas avoir de pensée, quoi que nous fassions notre intelligence créée des histoires. Remarquons que la pensée « je n’ai pas de pensée sur cette pomme » est elle-même une pensée observable, c'est-à-dire une histoire que la raconte la tête.

Il est important que mettre en évidence que nous vivons à chaque instant une double expérience :
-l’expérience des 5 sens : je suis capable d’observer la couleur de cette pomme, sa forme…
- et en même temps une expérience mentale : les histoires que raconte ma tête autour de cette pomme

Notre tête est ainsi faite elle a un avis sur tout, elle critique, compare, juge constamment et cela de manière indépendante de notre volonté.

Chez les personnes souffrant de leur image corporelle, on observe souvent une confusion entre l’expérience sensorielle (comme se voir dans un miroir) et l’expérience mentale associée (« je suis une grosse vache »).

Pour les personnes en souffrance avec leur apparence beaucoup d’énergie est investie pour diminuer ces pensées cela peut se traduire par plusieurs attitudes :
- l’évitement expérientiel : j’évite d’aller à la piscine pour ne pas être malaise, je décline un rencard par peut d’être rejeté,  je m’isole pour ne pas être confronté aux jugements des autres…
- la lutte : j’essaie de modifier mon apparence en espérant que les jugements cesseront
- la limitation de la vie à la lutte : au lieu d’avoir une vie qui a du sens, l’énergie est investie à contrôler.

Prenons l’exemple d’Annie. Très complexée par ses rondeurs elle enchaine les régimes dans l’espoir d’être enfin bien dans sa peau. Elle évite les sorties…et vit dans la croyance qu’elle pourra être heureuse quand son problème de poids sera résolu. Annie espère que sa tête arrêtera de la juger lorsqu’elle sera mince. Or chaque fois qu’elle a minci sa tête ne cessait pas pour autant les critiques « si tu remanges tu vas grossir », « tu as minci mais ta poitrine reste aussi moche »…

En fait les pensées que nous avons sur nous sont naturelles et bien souvent critiques. Certains chercheurs estiment que 2/3 des histoires que raconte notre tête sur nous sont des jugements négatifs. Impossible d’échapper à cela. Notre tête est ainsi faite elle aime chercher des défauts, des erreurs…
Cela explique que lorsque nous mettons nu devant un miroir pour la plupart d’entre nous nous vivons une expérience désagréable, inconfortable. Cela est naturel et n’a rien de pathologique. Cela signifie juste que la tête fait son travail.

Beaucoup de travaux sur la souffrance psychique mettent en évidence que la souffrance ne vient pas des pensées critiques mais de la volonté de  vouloir les contrôler ou les éviter.

Emettons une remarque, beaucoup de mes patients m’évoquent que si nous pouvions avoir le corps parfait la tête n’aurait plus rien à dire. Or pour revenir à notre pomme, que j’ai choisie comme étant la représentation parfaite de la beauté fruitière, au moins 70% de mes patients trouvent des défauts à cette pomme : « trop belle pour être vraie », « moi je préfère les pommes plus naturelles », « elle doit être retouchée par photoshop », « saloperie de société de consommation qui privilégie la beauté à la qualité »…
Nous pouvons imaginer que même lorsque Brad Pitt est nu devant un miroir sa tête le critique « tu étais plus séduisant avant », « à quoi vas-tu ressembler dans 10 ans », « que va-t-on penser de tes cheveux longs », « tu es juste bon à obtenir des rôles de beau garçon »…
Bref en tant qu’humain nous ne pouvons pas échapper aux jugements critiques de notre tête.

La seule alternative que nous avons est d’interagir différemment avec cette expérience mentale. Cela peut passer par la prise de conscience que cet inconfort n’est pas une anomalie qu’il faut à tout prix faire disparaitre. La prise de distance avec le langage est également intéressante ; cela consiste à observer nos pensées comme de simples pensées sans jugement. Certaines de ces pensées jouent le rôle « d’hameçons » nous entrainant vers des comportements de lutte ou d’évitement. L’observation (ou la pleine conscience pour reprendre un terme à la mode) permet d’identifier les hameçons ce qui donne la possibilité de n’a pas y mordre.
Prenons l’exemple de l’hameçon « une grosse vache comme toi n’a pas n’est pas digne d’amour » est souvent un hameçon auquel Annie mord et qui l’entraine vers des conduites de repli ou de restriction calorique. Observer que cet hameçon n’est qu’un hameçon met la distance suffisante pour être dans la capacité de faire un choix (mordre ou ne pas mordre).

En gros la démarche consiste à sortir d’un rapport de lutte contre le ressenti intérieur pour avancer vers un rapport d’accueil bienveillant de l’inconfort.

En se référant au modèle de la thérapie d’acceptation et d’engagement, l’acceptation va être au service de l’engagement  c'est-à-dire faire des choses importantes pour soi malgré l’inconfort.

Revenons à Annie, pendant qu’elle investit son énergie à contrôler son inconfort la vie passe. Une vie qu’elle met entre parenthèses en espérant un jour ne plus ressentir d’inconfort.  Une vie dans laquelle elle s’interdit de voir du monde, de construire une relation intime, d’incarner réellement sa féminité, de faire les loisirs qu’elle aimerait faire…une vraie vie quoi.

Et si Annie était la personne que vous aimiez le plus sur terre quelle regard porteriez-vous sur elle ?
                                                                                                                           

Florian SAFFER - diététicien
Thérapeute ACT (acceptance and commitment therapy)

#body acceptance #acceptation corporelle #image de soi #thérapie d'acceptation et d'engagement #tyrannie des régimes #pleine conscience

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12 septembre 2013 4 12 /09 /septembre /2013 11:14
"La folie c'est de faire toujours la même chose et de s'attendre à un résultat différent."[Albert Einstein]

Cette citation de Einstein souligne la difficulté que vive beaucoup de personne souffrant de troubles alimentaires. Leur stratégie consiste souvent à réduire leurs apports alimentaires en espérant mieux gérer leur poids et être enfin libéré de leur sentiment désagréable en lien avec leur apparence.
Les privations soulagent parfois mais n'amènent jamais vraiment à la liberté et au bonheur. Au contraire ils s'engluent souvent dans une spirale sans fin.

Notre travail, en thérapie comportementale, consiste justement à élargir le répertoire comportementale du patient, cela consiste à expérimenter de nouveaux comportements et d'observer ce qui se passe autour de cette expérimentation (ressenti, émotion...).Les émotions venant freiner la mise en place de nouveaux comportements sont identifiées. Dans les approches comportementales dites de 3eme génération les émotions comme l'anxiété ou la honte sont considérées comme étant naturelles. Notre travail consiste à aider le patient à interagir différemment avec la souffrance (avec à la fois de la distance et de la douceur).

Le cadre thérapeutique est souvent jugé rassurant pour les patients pour avancer dans cette voie.


Si vous vous sentez piégé par cette folie décrite par Einstein n'oubliez pas qu'un professionnel compétent (psychothérapeute, psychiatre, diététicien comportementaliste...) peuvent vous aider et vous soutenir dans ce travail. Avant de prendre rendez-vous n'hésitez pas à interroger le praticien sur ses formations, son approche et son expérience dans le domaine.

 

Agréable journée

 

F

 

#diététique comportementale #approche comportementale et TCC  #TCA

 


 

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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 12:18

Pour beaucoup de personne souhaitant perdre du poids leur ressenti s'apparente souvent à une lutte, une bagarre contre la nourriture et leurs sensations alimentaires. Cela se traduit la plus part du temps par une aggravation des préoccupations en lien avec l'apparence corporelle et une augmentation de l'inconfort.

L'attitude qui me semble la plus adaptée pour gérer son poids consiste selon mon expérience à utiliser la bienveillance comme une boussole.

Voici un exercice inspiré de la thérapie d'acceptation et d'engagement (ACT) que j'utilise beaucoup avec mes patients; cet exercice se réalise en deux temps. Il consiste dans une première étape à déterminer ce qu'est une attitude bienveillante.

 

Voici l'exemple d'Annie

 bienv.JPG

La seconde partie de l'exercice consiste à inviter le patient à observer ses pensées qui ont pu l'éloigner de cette direction.

 

L'exemple d'Annie

 cognition.JPG

Ces exercices présentent plusieurs intêrets; ils permettent au patient:

 

- de clarifier ce qui a du sens pour eux, comme par exemple, dans le cas d'Annie, passer des bons moments à table en famille et avec les amis,

- d'identifier des comportements bienveillants concrets et facilement applicables (déguster, limiter l'achat de "cochonneries", manger plus lentement...)

- de gagner en souplesse (une attitude bienveillante s'oppose à une attitude rigide et tyrannique)

- de prendre une distance par rapport à leurs pensées critiques

- de cultiver la compassion pour soi (la compassion pour soi repose sur une attitude bienveillante envers soi et sur la capacité à observer ses pensées critiques avec un peu de distance)

J'utilise également des variantes de cet exercices en utilisant la compassion ou encore le respect comme boussole.

 Florian Saffer 

#compassion pour soi #bienveillance #psychonutrition #diététique comportementale #thérapie d'acceptation et d'engagement #diététicien comportementaliste

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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 08:59

Voici un schéma simple mettant en avant les mécanismes alimentant la problématique de la boulimie.

Boulimie therapie comportementale1

Ce schéma bien que simpliste permet de comprendre les différents axes de la prise en charge thérapeutique.


Cette prise en charge implique notamment un travail de fond sur l'image corporelle et l'influence des schémas de pensées sur les comportements alimentaires.

Des pensées en lien avec l'image corporelle  comme "personne ne pourra aimer une grosse vache comme toi" sont souvent associées à un fort sentiment de honte. Les restrictions caloriques peuvent être perçues comme une réaction à ce sentiment de honte visant à atténuer ce ressenti.
La crise de boulimie peut être considérée comme la réponse logique de l'organisme à la privation et aux frustrations induites. La boucle est à nouveau réalimentée par la honte d'avoir perdu le contrôle.
Cette honte est alors associée à des pensées rigides dichotomiques (ex: "si tout n'est pas parfait, tout est loupé"...). C'est cette même honte qui est à l'origine des restrictions compensatoires ("vu comme tu as mangé, demain c'est restriction").

 

Le travail réalisé en thérapie d'acceptation (ACT) vise justement à ne plus être l'esclave de cette émotion.
 
Ce travail permet d'entrainer plusieurs habiletés :

 

- l'accueil bienveillant des différentes émotions désagréables comme la honte ou l'anxiété de prendre du poids

- la défusion, c'est à dire la capacité d'observer ses pensées désagréables avec un peu de distance

- le contact avec le moment présent (y compris en présence d'émotions désagréables)

- la réalisation de choix en cohérence avec les choses importantes (amis, famille, santé...) et cela y compris en présence d'émotions désagréables

 

Florian Saffer
Diététicien
Thérapeute comportementaliste - thérapeute ACT

 

 

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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 10:57

Voici un exercice d'auto-observation issu du DVD "les Kilos émotionnels"

 

 

La prise alimentaire est normalement déclenchée par un ensemble de sensations (gargouillement, petit creux…) nous indiquant qu’il est temps de faire le plein de carburant.

Or parfois cette façon naturelle de manger est perturbée par ce que nous raconte notre tête (« restreint-toi ! » « il ne faut pas manger en dehors des repas », « si tu manges tu vas grossir »). Dans ce cas nous arrivons à un conflit « tête/corps » générant frustration et souvent perte de contrôle.

 

 

Exercice : Pendant une semaine observez comment votre tête influence votre prise alimentaire. Observez également les conséquences de cette influence.



Pour cela vous pouvez vous aider de la fiche téléchargeable ici





  annie

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 11:19

Voici une petite vidéo réalisé par le psychologue Emmanuel Nicaise sur la défusion.

 

Le lien avec le comportement alimentaire

 

 

Vous avez tous constaté que notre adore générer du langage (ce que nous appelons plus couramment nos pensées).

Imaginons une jeune femme mal à l'aise dans son corps, il y a fort à parier qu'elle ait régulièrement les pensées suivantes:

 

"tu es trop ronde"

"tu n'as pas de motivation"

"comment as-tu pu te laisser aller comme ça"

"tu devrais arrêter de manger"

"tu devrais suivre un régime protéiné"

"tu ne seras heureuse que lorsque tu auras perdu du poids"

"personne ne peut aimer une femme aussi ronde que toi"

"il ne faut plus que je mange de sucreries"

 

On peut imaginer que cette même personne, suite à des excès alimentaires" ait les pensées suivantes:

 

"tu n'as aucune volonté"

"avec toi c'est toujours pareil, tu es juste bonne à commencer des régimes et tu abandonnes aussitôt"

"demain tu ne mangera que de la soupe et des yaourts 0%"

 

Ceci n'a rien d'une anomalie, nos têtes adorent générer ce type de langage. Des travaux récents ont permis d'estimer que 2/3 des pensées que nous avons sur nous sont des pensées désagréables et critiques.

 

Or bien souvent (et notamment lorsque nous sommes en souffrance) nous avons l'impression que ces pensées sont la réalité, que nous n'avons pas d'autres options que de les suivre.
Pour les personnes en souffrance avec leur poids cela peut se traduire par des comportements de lutte : régimes draconiens, sport à outrance...et/ou par une attitude de résignation ("à quoi bon faire des efforts ma vie est un échec") ne faisant qu'aggraver le mal-être.


Dans tous les cas cette "fusion" au langage a tendance à nous éloigner d'une vie pleine de sens.

 

Je vous invite donc à observer vos pensées rigides et de vous poser la question suivante : cette pensée me permet-elle d'avancer vers ce qui est profondément bon pour moi? ou cette pensée m'enfonce-t-elle vers plus de souffrance?
Gardez toujours à l'esprit que vous avez le choix de ne pas être l'esclave de vos pensées.

 

Bon exercice

 

 

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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 12:38

 

"vous savez c'est très difficile pour moi, j'aimerai tellement manger avec plaisir, me faire du bien mais l'idée de manger des aliments que j'aime comme du fromage ou des pâtisseries m'angoisse. Vous m'avez dit que je pouvais manger du fromage sur les repas mais ce n'est pas possible".

 

Annie, 41 ans. Cadre de santé

 

Ce témoignage est une illustration parfaite du conflit interne que beaucoup de personne en difficulté avec la nourriture connaissent.
D'un côté le coeur, siège symbolique de nos valeurs, nous invite à la bienveillance et à adopter des comportements bons pour nous, respectueux de ce nous sommes au plus profond de notre être.

De l'autre côté la tête, par l'intermédiaire de ses pensées, ordonne le contrôle. Ces histoires que nous raconte notre tête  sont souvent tellement tyranniques et associées à des émotions inconfortables (autodépréciation, peur, anxiété...) que nous avons l'impression de n'avoir aucune autre alternative que de leur obéir. En quelque sorte nous perdons notre liberté et nous nous éloignons de ce qui est profondément bon pour nous.

 

Certains tentent de s'affranchir de ces règles en essayant de "ne pas penser" ou encore "en pensant à autre chose" ou en "positivant", or ce combat est souvent inefficace à long terme. En effet, il est quasi-impossible de modifier ce que nous raconte notre tête sur nous, sur le monde, sur les autres ou sur l'alimentation. Ceci explique que ces tentatives de lutte ne font qu'aggraver la problématique.

 

L'alternative que je propose à mes patients est d'apprendre à observer avec attention ces pensée et  d'observer leurs influences sur nos comportements. J'invite dans ces exercices d'obervation à considérer les pensées comme de simples créations de notre esprit, de simples produits de notre intelligence. J'invite également à s'interroger sur leur utilité (est-ce que cette pensée me permet d'avancer vers plus d'épanouissement?). Enfin j'invite mes patients à demander à leur coeur ce qu'il pense de ces pensées.

 

Cette observation permet de ne pas être en réaction systématique, de prendre du recul, de casser les automatismes et donc de gagner en liberté.

 


 

Bonne observation à tous

 

Florian SAFFER - diététicien - comportementaliste et humaniste
Formé à l'ACT (thérapie d'acceptation et d'engagement)

 

 

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 10:03

 

Se projeter dans le futur et imaginer une vie remplie de bonnes choses et quelque chose de tout à fait naturel. Cette projection peut même nous donner une orientation. Par exemple, imaginer son futur entouré d’enfants dans une belle maison en train de jouer peut signifier que la valeur famille est importante pour cette personne ; il est bien évidement  légitime d’encourager cette personne à aller dans le sens de ce projet de vie.

Mais il arrive que certaines personnes insatisfaites de leur vie se projettent uniquement dans un futur heureux se coupant alors de saisir dans le moment présent des moments de joie.

 

J’ai rencontré beaucoup de patientes en surpoids vivant toujours dans l’espoir de mincir ; perte de poids sésame d’une vie heureuse. Une patiente que je nommerai Annie m’a confié récemment  « lorsque je serais mince je pourrai enfin prendre soin de moi, m’habiller élégamment, sortir, voir du monde et peut être rencontré quelqu’un ».

En étant toujours dans le futur cette patiente se coupe d’une vie pleine de sens. En phase euphorique cette patiente investie toute son énergie dans le contrôle du poids (régime restrictif, sport à outrance…) ; cet hyper contrôle l’a coupe alors de ses amis, lui pompe toute son énergie…aggravant son sentiment de mal-être.
L’accumulation de ce sentiment de lutte induit rapidement (au bout de quelques semaines ou quelques mois) l’abandon de l’hyper contrôle ce qui laisse alors place à une seconde phase : la phase de désespoir. Le rétablissement  rapide de l’hyper contrôle apparait comme la seule option que connait Annie pour aller dans le sens d’une vie heureuse.
Force et de constater que sa stratégie ne fonctionne pas. Cette projection permanente dans un futur mince/heureuse ne fait que l’enfoncer dans un quotidien de douleur.

 

Comment aider les Annie (j’utilise le pluriel car malheureusement elles sont nombreuses)  ?

 

Premier point, il semble important de rappeler quelque chose d’important : éprouver des émotions désagréables relatives à son apparence n’a rien d’une anomalie. On estime que près de 75% des femmes n’apprécient pas leur corps. Normaliser cette émotion permet de mieux vivre avec ce sentiment de ne pas être dans la norme.

 

Second point allant dans le même sens, il est nécessaire de rappeler que 2/3 des pensées que nous avons sur nous sont négatives. Avoir des pensées du type « tu es trop ceci » « tu n’es pas assez cela» « personne ne peut t’aimer avec tes kilos en trop » »tu n’es qu’une grosse » n’a rien d’une anomalie qu’il faut combattre. Faire de la place à ses émotions agréables comme désagréables plutôt que vouloir les faire disparaitre est une attitude sage à encourager.

Nous pouvons également inviter Annie à réfléchir sur l’attitude qu’elle aurait avec une amie vivant la même expérience que la sienne. Il y a fort à parier qu’elle l’inviterait à prendre soin d’elle, à s’habiller d’une manière féminine, à passer des moments agréables…Ce changement de perspective permet d’envisager sa propre situation avec un œil nouveau, rempli de bienveillance et de compassion.

 

Nous pouvons aussi inviter Annie à prendre des risques  allant dans le sens de son projet de vie; prendre le risque de s’habiller de manière féminine, prendre le risque de s’organiser une sortie entre amis… je parle de prise de risque car avancer demande du courage et ne garantie pas un résultat systématique. Il faut souvent persévérer et se confronter à l’échec pour enfin réussir. Si nous revenons au projet d’Annie de  construire une relation de couple épanouissante, cette construction peut demander du temps et générera forcement un lot d’échecs (il est rare de tomber sur la perle rare dès la première sortie). Se confronter à l’échec n’est jamais agréable mais c’est un mal nécessaire.

 

Enfin nous pouvons proposer à  Annie de se reconnecter aux petits plaisirs simples qui peuvent se présenter dans son quotidien : le sourire d’un enfant qui joue dans la rue, le plaisir de prendre un petit déjeuner, le plaisir d’échanger avec un ami sur la pluie et le beau temps…
La prise de conscience de ces petits bonheurs simples permet de réaliser que c’est bien ici-et-maintenant que se déroule notre existence et que c’est donc dans l’instant présent que nous devons construire une vie pleine de sens.

 

A lire sur ce sujet:


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2 juillet 2011 6 02 /07 /juillet /2011 11:23

Une étude récente réalisée par aufeminin.com sur 10 000 femmes européenne révèle que 74% des femmes se trouvent trop ronde. 44% sont complexées par leur ventre, 34% détestent leurs cuisses, 20% ne supportent pas leurs fesses et 19% ont du mal à vivre avec leurs seins.

Les femmes ont en fait tendance à se sous-estimer puisque 18% considèrent n'avoir aucun atout et 44% pensent n'être regardées que pour leurs défauts.

 

A en croire cette étude, être insatisfait de son corps est aujourd'hui la norme. Ces chiffres vont dans le sens de ce que je peux observer dans ma pratique de diététicien-comportementaliste, la tendance est à l'auto-dépréciation et à la sur-focalisation sur les défauts.

 

Paradoxalement, cette même étude met en avant que les rondeurs n'ont pas forcément mauvaise presse puisque les interviewées ont avoué les trouver jolies chez les autres.

 

L'acceptation de soi semble donc être un objectif majeur de notre bien-être. C'est une problématique sur laquelle je travaille avec près de 50% de mes patients (femmes comme hommes d'ailleurs).

 

Plusieurs axes de travail complémentaires, inspirés par la thérapie d'acceptation et d'engagement (ACT), peuvent être adoptés:  

  • Le premier vise à prendre conscience du caractère quasi-universel de l'insatisfaction corporelle (souffrir de ne pas être assez ceci ou trop cela est une réalité pour chacun).
    Réaliser qu'il est tout à fait normal d'avoir des complexes va dans le sens de la reconnaissance de son humanité. Cette reconnaissance aide à être moins critique sur soi. En d'autre terme reconnaitre que la souffrance associé à l'insatisfaction corporelle fait partie de l'expérience partagé par l'humanité permet de "faire avec" cet état d'inconfort plutôt que "lutter contre".

 

  • Le second vise à identifier que cette souffrance et cet inconfort est souvent à l'origine de comportements de lutte (restrictions alimentaires, sur focalisation sur la nourriture...) et d'évitement (s'isoler...) qui nourrissent cette souffrance.
    Prenons l'exemple des régimes restrictifs, dans bien des cas ils correspondent à une tentative de se soustraire de l'inconfort émotionnel lié à l'insatisfaction corporelle. Or ces restrictions génèrent de la frustration qui va elle-même conduire à majorer les sentiments désagréables. L'accumulation de frustration et les sensations de faim associées aux conduites restrictives conduisent souvent à des pertes de contrôle  majorant les sentiments d'auto-dépréciation.

 

  • Le troisième axe consiste à développer la bienveillance envers soi.
    La bienveillance consiste à être chaleureux envers-soi dans les moments de souffrance  plutôt que d'ignorer les difficultés ou de se critiquer négativement. Les personnes faisant preuve de bienveillance envers elles-mêmes reconnaissent qu'être imparfait est inévitable. Une plus grande sérénité en découle. La bienveillance pourrait se résumer à se conduire envers soi comme envers son meilleur ami. Nous avons tous pu observer que généralement nous sommes plutôt doux et attentionné envers un ami en souffrance alors que nous avons tendance à être très dur envers nous dans les moments difficiles.

 

  • Le 4ème axe a pour but de développer la pleine conscience.
    La pleine conscience peut se définir par la capacité à observer ses pensées et émotions négatives telles qu'elles sont, sans essayer de les nier ou de les supprimer et sans les juger. Cette observation neutre aide à ne pas être en réaction automatique à ses émotions et pensées désagréables. Cette distanciation permet le lâcher prise. En d'autres termes, cet état de non-agir prévient d'être emporté par une réactivité négative favorisée par une rumination des pensées désagréables.

 

  • Le dernier axe vise à prendre conscience que les jugements que porte notre tête sur nous sont focalisés sur les défauts.  
    Des études récentes ont mis en évidence que les 2/3 des jugements que porte notre cerveau sur nous (et donc sur notre apparence) sont des jugements négatifs.  Accepter ces jugements et les considérer comme naturels permet de leur donner moins d'importance.

    Cette mise à distance permet alors de ne plus se définir par ces défauts (exemple : "je ne suis qu'une grosse"). Il est alors possible de se définir par ses valeurs (exemple : "je suis une mère attentionnée, respectueuse de l'environnement, qui apprécie l'art...) et d'avancer ainsi vers plus d'épanouissement.

Florian SAFFER - diététicien-nutritionniste et comportementaliste diplômé

Formé à la thérapie d'acceptation et d'engagement

 

Toute ma bibliographie ici

 

 

 

 

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