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7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 19:15

"Lutter n'est pas avancer"

Boris Vian

Extrait de L'herbe rouge

 

L'esthétique corporelle, le jeunisme et même le dynamisme sont dans notre société d'abondance indissociable de la minceur. Les médias nous inondent en permanence d'images de femmes minces, d'hommes aux abdominaux dessinés créant chez nous le sentiment qu'être svelte est un impératif, une nécessité pour "compter" dans cette société.

Plus récemment ce diktat de la minceur est même sournoisement véhiculé par nos gouvernants. Notre président semble être dans un contrôle absolu de son corps; régime pauvre en calories et sport à outrance font partie de son quotidien, véhiculant ainsi le message implicite que "réussir c'est tout contrôler".

Si beaucoup d’entre nous se soumettent à ces injonctions esthétiques, c’est souvent avec le sentiment de ne pas avoir vraiment d'alternative. Mincir, contrôler son alimentation, faire du sport... apparaissent comme des tentatives de se soustraire à sa souffrance; souffrance de se sentir trop rond, trop gras, en donc non-conforme aux critères inatteignable de réussite véhiculés par notre société de l'image.

Or cet hypercontrôle de son corps est souvent vécu comme une lutte, comme un combat contre soi. Ce combat donne parfois des petits moments de satisfaction (la satisfaction d'avoir perdu quelques kilos, de bien faire les choses) mais cette satisfaction laisse vite sa place à un sentiment de tension et à une véritable fatigue nerveuse. A ceci s'ajoute le fait que bien souvent  le corps dans un réflexe de survie augmente l'attirance vers la nourriture, les épisodes de pertes de contrôle alimentaires en sont la conséquence directe.
Il est fréquent d'observer que ces comportements d'hypercontrôle/perte de contrôle renforcent les préoccupations relatives aux corps augmentant ainsi le besoin de se contrôler.  Tout ceci tourne en rond et prend de plus en plus de place.

Les régimes que l'on peut trouver dans les magazines mais également ceux proposer par les nutritionnistes vendeurs de bouquins ne solutionnent rien, il ne s'agit que de stratégies de contrôle au service de la lutte contre la souffrance.

La société de consommation dans laquelle nous vivons repose sur le même fonctionnement : le marketing sucite chez nous des désirs générant en nous un fort niveau de frustration. En réaction à cette frustration nous consommons, ce qui nous procure un sentiment très bref de soulagement qui laisse rapidement sa place à notre état de frustration initial.

Ce terme de frustration résume l'inconfort dans lequel nous vivons  « Un Etat mental d’insatisfaction caractérisé par un déséquilibre entre un désir ou une attente et sa réalisation du fait qu’il n’est pas (encore) réalisé. »

Sortir de cet engrenage demande de ne plus être en réaction à notre frustration, à la tolérer et même à l'accepter avec bienveillance. Déposer les armes, permet d'être apaisé et d'investir son énergie pour les choses qui ont vraiment de l'importance, ce qui nous permettent de nous sentir vivant et épanoui.

 

Florian SAFFER - diététicien et comportementaliste

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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 10:18

Qu'allez-vous faire cette semaine pour prendre soin de votre santé?

 

Si vous n'avez aucune idée de réponse, je vous invite à vous poser la question suivante: quelle est la plus petite action que je pourrai faire pour ma santé cette semaine? (aller au travail à pied, acheter de délicieux fruits frais, faire une balade à vélo avec les enfants le week end prochain, limiter les grignotages sucrés...).

 

Après avoir sélectionné une ou deux actions je vous invite à plannifier leur mise en application et à en parler à votre entourage (famille, amis, collègues...), n'hésitez pas à solliciter leur aide et leur encouragement.

 

Exemple: "j'ai décidé de venir travailler à pied cette semaine, je compte sur vous pour m'encourager et me rappeler à l'ordre si vous me voyez faire preuve de fénéantise".

 

Il est fort probable que vous tiriez un véritable sentiment de bien être de ces petits pas en avant, c'est généralement très agréable d'avancer vers ce qui est important pour nous.

 

bonne semaine

 

Florian Saffer

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12 décembre 2009 6 12 /12 /décembre /2009 14:10

"hier j'ai craqué j'ai mangé toute la soirée jusqu'à ne plus en pouvoir. Je me trouvais moche, grosse, pas aussi jolie que les autres."

Ce témoignage qui m'a été adressé lors d'un échange avec une amie ne me surprend plus; nous vivons dans une société qui nous impose un idéal de perfection inatteignable, ces modèles nous donnent le sentiment de ne pas être à la hauteur, d'être inférieur... contribuent nettement à notre sentiment d'insatisfaction corporelle.

De nombreux travaux ont mis en évidence que plus nous passons de temps devant des programmes télévisés mettant en avant des stéréotypes plus notre estime de soi est affecté.

40% des français sont en surpoids, or cette diversité corporelle n'est pas représenté dans les médias. Marianne James, Guy Carlier ou encore Valérie Damidot, il faut bien l'admettre, font figure d'exception dans le paysage audiovisuel français.

Et que penser de ces émissions dites de télé-réalités? En quoi ces programmes sont-ils le reflet de la "réalité"? Les candidats sont castés (davantage en fonction de leur physique que de leur culture), les scénarios sont écrits à l'avance...
Avez-vous remarqué que la candidate ayant 3 kilos de plus que les autres candidates est qualifiée de rondelette?

Il n'y a pas de doute ces programmes agissent comme des parasites. Des parasites toxiques qui nous laisse croire que l'extrême beauté et la minceur sont la norme.

http://www.blogintree.com/wp-content/uploads/2009/06/ile-de-la-tentation.jpg

Les candidates de l'Ile de la tentation, une émission de télé réalité de TF1, sont castées. Le critère de sélection : un corps répondant aux stéréotypes de beauté (ventre plat, longues jambes...)


Comprendre que notre insatisfaction provient de se décalage et déjà une façon efficace de réduire l'impact "toxique" de ces programmes de télévision. Avoir conscience que dans la vraie vie la majorité des femmes ont du gras sur le ventre et un peu de cellulite et que peu d'homme ont le torse de Brad Pitt est d'une importance capitale.

Voici quelques petits exercices permettant de réduire ce sentiment d'insatisfaction corporelle:

- N'essayez pas de fuir votre insatisfaction. Apprenez à "faire avec" et apprenez à admettre que l'insatisfaction est la norme et que vous ne pouvez pas y échapper. Fuir les miroirs, se réfugier dans la nourriture ou dans une boulimie de travail ne solutionne rien.

- Prenez de la distance par rapport à vos "pensées automatiques toxiques"

Exemple : la prochaine fois qu'une pensée automatique vous envahie l'esprit ("tu es trop ronde" "tu as une trop petite poitrine « tu es nulle"...), dite vous que vous êtes parasités, que ces pensées sont exagérées et que vous seriez certainement moins dur avec une amie qui aurait le même physique que vous.

L'idée est d'externaliser cette pensée. Concrètement dite vous "te revoilà encore insatisfaite de ton corps" ou "tu es encore en train de penser que tu as des cuisses trop rondes comme à chaque fois que tu vois une fille mince à la télévision". Le fait d’observer ses pensées et de les externaliser réduit fortement leur impact émotionnel.

Quelques idées de lecture

Site internet:

Dove, le fond d'estime de soi
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18 novembre 2009 3 18 /11 /novembre /2009 11:10
Quand on parle des «gros» autour d'elle, Nathalie* ne peut pas s'empêcher de tiquer, lassée qu'on traite les obèses comme s'ils étaient coupables de leur handicap et qu'on dise d'eux qu'ils "coûtent trop cher".

Hier, la jeune femme nous a reçus chez elle. Aide-soignante, elle pèse 84 kilos pour 1 mètre 50. Elle nous accueille pourtant vêtue d'une tenue de sport moulante. «Je fais beaucoup de tennis et de marche à pied et je suis en parfaite santé!» explique-t-elle, presque par bravade. Nathalie, 27 ans, ne nie pas qu'elle est obèse, mais déteste les clichés autour des «gros»: «On me voit comme une irresponsable, comme une nulle, presque comme une criminelle! Tous les jours, j'ai droit à des remarques venant de gens que je connais à peine, et qui me blessent.»

Pas droit au bonheur
Ces remarques, elle doit les supporter depuis l'âge de 5 ans. «J'étais déjà en surpoids, à l'époque. Je pense que c'était lié à une situation familiale pénible. Mes parents s'engueulaient et moi, je me réfugiais dans la nourriture. A l'école, on a commencé à me traiter de grosse vache. Et plus j'avais l'impression qu'on me détestait, plus je mangeais. Pourtant, je savais bien que ce que je faisais n'était pas bien.» A l'adolescence, rien ne change: «Comme les autres filles, j'avais envie de plaire aux garçons. Mais je voyais qu'ils ne voulaient pas de moi. Cela renforçait mon mal-être et je mangeais toujours plus.» Désemparés, ses parents l'emmènent chez un médecin qui impose à la jeune fille un régime draconien. «C'était violent. J'ai perdu 15 kilos en un an, car on m'avait forcée à m'affamer. J'ai tout repris ensuite, parce que je me sentais toujours aussi mal et que l'on ne m'avait pas appris à manger correctement.» A l'époque, Nathalie ne s'aime pas et se met dans la tête qu'elle n'a pas droit au bonheur: «Mes parents me disaient que si je ne maigrissais pas, je ne trouverais pas de mari.»

Le bonheur, pourtant, lui tombe dessus à l'âge de 20 ans. «J'ai trouvé l'homme de ma vie, qui est aujourd'hui mon mari. Il est mince, mais il m'a acceptée comme j'étais. Pour la première fois, je me suis sentie aimée, sereine. J'ai eu mes premières relations sexuelles. Je me suis mise au sport et à manger mieux. Depuis, j'ai complètement cessé de grossir. Pourtant, je continue de m'autoriser les tartiflettes et les McDo, de temps en temps.» Elle ajoute, fièrement, qu'elle a perdu 4 kilos rien qu'au cours des deux derniers mois.

Mais les humiliations n'ont pas cessé, et elles sont toujours aussi dures à avaler. «Un jour, je mangeais un sandwich dans la rue. Une dame s'est approchée et m'a dit: «Vous n'avez pas honte? Vous êtes assez grosse comme ça.» Je me sentais tellement mal que j'ai fait une crise en rentrant chez moi.» Même si elle se sent assez solide pour ne pas replonger complètement, Nathalie sait que son pire ennemi, c'est le mépris des autres. «C'est ça qui nous fait grossir! Ce n'est qu'en se sentant aimé et respecté que l'on peut arriver à moins manger. Alors, par pitié, si vous voyez une personne en surpoids manger une saucisse, laissez-la tranquille!»
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19 mars 2009 4 19 /03 /mars /2009 10:31

Aline 28 ans : "je ne peux plus me voir, je suis une baleine dégoûtante, j'ai honte de ce corps, il faut que je maigrisse à tout prix pour aller mieux, aujourd'hui je n'ai envie de rien je ne le mérite pas".

En tant que professionnel de santé s'inscrivant dans une relation d'aide, la difficulté ici est de justement trouver l'aide la mieux adaptée à cette jeune femme.

Bien sur nous pourrions axer nos efforts sur cette perte de poids et considéré que quand cette patiente aura minci elle se sentira mieux. Cette vision un peu simpliste me pose quelques problèmes:

- Mincir n'est pas si simple; la baguette magique amincissante n'existe pas; perdre un peu de poids est possible en perdre beaucoup et durablement  l'est moins. La patiente en misant tout sur cet objectif risque même de voir son estime de soi diminuer et sombrer dans la déprime.


- Aline semble penser qu'elle n'a pas le droit au bonheur maintenant, que le bonheur c'est quand elle sera mince. Finalement elle ne vit pas dans le présent. Or le futur n'existe pas ou du moins pas encore et quand il existera il s'agira alors du présent (vous me suivez là?); en fait seul l'instant présent importe; être bien, heureux c'est maintenant c'est pas demain.

- Dernier point primordial, Aline considère son corps comme un ennemi, comme une masse honteuse, elle se qualifie elle-même de "baleine". Or pour aider ce corps à aller mieux, il me parait judicieux d'apprendre à le considérer comme un ami. Qui d'un ami ou d'un ennemi aideriez-vous le plus à aller mieux?

Vous avez bien compris ou je veux en venir. Considérer son corps comme un ennemi est un combat perdu d'avance. Personne n'aide son ennemi à aller mieux.

Le conseil que l'on pourrait donner à Aline est de prendre soin d'elle; de ne pas fuir les miroirs mais de les affronter; d'accepter ses défauts physiques mais de reconnaître ses qualités.

De nombreux exercices d'acceptation de soi permettent d'avancer sur ce point. On peut par exemple conseiller à ceux qui, comme Aline, ne s'aime pas assez de lister leurs qualités (physiques et humaines) ainsi que les choses dont elles sont le plus fière (arrêt du tabac, réussite professionnelle...).

Je ne perds pas espoir d'entendre Aline me dire  "je suis Aline, je suis certes un peu ronde mais c'est moi et je m'aime et c'est pour cela que je veux mincir, pour aider ce merveilleux ami qu'est mon corps"

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5 décembre 2008 5 05 /12 /décembre /2008 10:51
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Livre sous la direction de Kevin Polk et Benjamin Schoendorff comprenant un chapitre dédié à l'utilisation de la thérapie ACT dans les troubles alimentaires rédigé par Florian Saffer.
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