comportement alimentaire

Mardi 12 septembre 2006

Je suis tombée dans la boulimie à 13 ans, de la façon la plus banale qui soit. J'ai fait un régime pour perdre quelques kilos, puis l'engrenage s'est enclenché. Les privations entraînent des frustrations, lesquelles engendrent des comportements compulsifs de compensation et d'insoutenables crises de voracité. Les régimes m'ont longtemps permis de donner le change, de m'entretenir dans l'illusion d'une victoire sur mon corps: je me mettais à la diète et je maigrissais, certes, mais je reprenais plus que les kilos perdus. Et je recommençais.


Je ne sais pas pour quelles raisons je suis devenue boulimique. Je sais, en revanche, comment je me suis enfoncée dans la maladie: par une sorte de dégoût de mon image, en décalage avec la maigreur omniprésente dans les publicités et les magazines. Je me suis toujours trouvée énorme, même lorsque je ne l'étais pas. Fille de mon époque, soucieuse de plaire, j'ai toujours voulu être fine et jolie, coller à l'image de la beauté que véhiculent les médias. Les magazines féminins ont nourri ma névrose par leurs injonctions contradictoires: mangez, disent-ils, mais ne prenez pas 1 gramme! Que proposent-ils à leurs lectrices? Des rubriques minceur, suivies de recettes de cuisine, le tout illustré par des images de femmes longilignes. Un véritable arsenal pour fabriquer des schizophrènes!

C'est dans ces journaux que j'ai trouvé des régimes draconiens, fantaisistes, contraires à toutes les lois élémentaires de la diététique. Le plus efficace - le plus pernicieux, sûrement - fut le «régime soupe», appelé aussi «régime des cardiologues». Une lectrice disait avoir perdu 8 kilos en une semaine! Le principe, complètement fou, est de manger à volonté un aliment différent chaque jour. Je l'ai fait, dès que je grossissais trop. Pendant une semaine, la première fois, pour perdre 8 kilos, puis deux semaines, pour en éliminer 15, etc. Je ne me suis pas alimentée normalement pendant des années.

Quand je vois les titres des articles qui paraissent dans certains magazines féminins («Comment perdre 4 kilos en huit jours»...), je ne peux m'empêcher de penser que les médias ont leur part de responsabilité dans le développement des troubles du comportement alimentaire chez les jeunes filles... Bien sûr, ils ne sont pas coupables de ma boulimie. Mais ils m'ont donné un mode d'emploi détaillé pour l'entretenir. On commence à s'inquiéter de la progression de l'obésité, et c'est une bonne chose. Ne devrait-on pas s'attaquer aux stéréotypes que nous assène la pub?

Marie-Angèle, étudiante en marketing, 28 ans

Propos recueillis par Eric Marquis

Paru dans L'Express du 29/11/2004

Par Florian Saffer - diététicien
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Samedi 4 novembre 2006

Beaucoup de personnes souhaitant perdre du poids ou maintenir leur poids s’imposent une alimentation très légère, très restrictive, excluant ou limitant fortement les féculents, le pain, les matières grasses, et les aliments plaisir. Ce comportement de contrôle volontaire de ses prises alimentaires est appelé restriction cognitive.

  

Il en résulte une absence de prise en compte des sensations alimentaires régulatrices que sont la faim et la satiété. Or, on sait que ce sont des signaux essentiels dans la régulation du poids corporel : ils renseignent le sujet sur son état métabolique et lui permettent d’adapter ses apports alimentaires à ses besoins réels. A la longue la restriction cognitive entraine un dérèglement de ces mécanismes naturels de contrôle du poids.

 

 Cet état de privation permanente entraine une hyper réaction des systèmes hormonaux de contrôle du poids  qui vont augmenter la faim, il devient très difficile de lutter, le sujet en restriction cognitive entre dans un état de frustration constante.


En pratique, cet hypercontrôle alimentaire et mental est souvent débordé : il suffit de se laisser tenter par une petite quantité d’aliment interdit pour sombrer corps et âme dans la perte de contrôle et manger sans frein. Puis viennent la culpabilité et le sentiment d’échec et le rétablissement de l’hypercontrôle.

  


 

  
Pour conclure, s’imposer une alimentation très restrictive ne tenant pas compte de la sensation de faim et de satiété et excluant tout aliments plaisir, dans le but de perdre du poids, est voué à l’échec et risque même d’empirer la situation ; l’organisme pert petit à petit sa capacité de contrôle du poids. De plus les frustrations liées aux privations entrainent fréquemment une perte de contrôle associée à une reprise du poids précedement perdu ; bien souvent la privation a été tellement mal vécu par l’organisme que la reprise de poids est supérieure à la perte.


 La restriction cognitive paraît donc être la meilleure solution pour prendre du poids tout en étant dans un état de frustration et d’échec permanent.

 Les suivis nutritionnels proposés par les diététiciens formés aux thérapies comportementales et cognitives permettent de manger de tout et à sa faim évitant ainsi la restriction cognitive.

 


 

Florian Saffer- diététicien - comportementaliste

Par Florian Saffer - diététicien
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Vendredi 19 janvier 2007

Voici le lien d'un site très interessant sur l'obésité et les troubles du comportement alimentaire:

 

Par Florian Saffer - diététicien
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Mardi 1 mai 2007

Une publicité suédoise sur l'anorexie a bouleversé des milliers d'internautes.

On y voit une adolescente qui s'imagine trop grosse en se regardant dans le miroir, alors qu'elle est d'une maigreur maladive.

La preuve que la réalité des personnes qui souffrent de troubles alimentaires est souvent déformée.

La publicité a été présentée à l'ANEB, un organisme qui vient en aide aux victimes de boulimie et d'anorexie.

En France nous somms sous-informé sur ces maladies graves que sont les troubles du comportement alimentaire, pourtant l'anoreixe est la 2eme cause de mortalité chez les moins de 25 ans!

   

Par Florian Saffer - diététicien - Bourgoin - Lyon
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Mercredi 16 mai 2007
Mal géré, il peut entraîner une prise de poids parfois importante. Pourquoi ? Nos réponses, nos solutions Le stress est une réaction normale d'adaptation de l'organisme destinée à répondre à une agression, physique ou émotionnelle.
Son mécanisme est toujours le même. Il met l'organisme sous tension pour le préparer à la fuite, au combat ou à la soumission (inhibition de l'action) lorsque les deux premières options sont rendues impossibles.
Stress et calories : quels sont les liens ?
Dans un premier temps, un stress déclenche une montée d'adrénaline qui met l'organisme en alerte pour bouger et réagir vite. Cette première phase a plutôt tendance à brûler des calories, surtout si elle est accompagnée d'une dépense physique.
Dans sa deuxième phase, le stress s'accompagne d'une élévation du cortisol. Il a pour rôle de réparer des lésions éventuelles (grâce à son effet antiinflammatoire), et de préparer l'organisme à un nouveau stress à venir en "stockant" les calories (sucre et graisses) disponibles.
À quel moment devient-il néfaste pour le poids ?
« Lorsque le stress devient chronique, on constate un maintien du taux de cortisol à un niveau anormalement élevé », explique le Dr Didier Chos. C'est ce que l'on appelle le stress "mal géré". Cette perturbation biologique peut conduire à deux tableaux cliniques différents.
•L'organisme se met sur le mode "réserve" en permanence. Le métabolisme de l'insuline se dérègle, et on constate une augmentation de la graisse abdominale. Ce schéma est fréquent chez l'homme et chez la femme en pré-ménopause. Cette prise de graisse, de type androïde, majore le risque de développer un diabète de type II et une maladie cardiovasculaire.
Quelles solutions ? Envisager une nouvelle façon de s'alimenter en adoptant un régime d'inspiration "crétoise"*, riche en fruits, légumes et légumineuses avec une reprise d'activité physique régulière, idéalement trois fois trois quarts d'heure par semaine.
• L'organisme, pour se défendre contre les agents stressants, "commande" également une augmentation de la production de sérotonine (une hormone apaisante qui aide à la prise de recul). Lorsque le stress perdure, ce phénomène aboutit à un épuisement des capacités de fabrication de sérotonine. Ce manque va se traduire par une irritabilité à fleur de peau et du grignotage compulsif (plutôt sucré). La satiété, normalement sous contrôle de la sérotonine, n'est plus freinée, et la prise de poids s'amplifie.

Quelles solutions ? Faire le plein de sérotonine grâce à une chrono-alimentation adaptée. « Des protéines (viande, poisson, œufs) consommées exclusivement le matin et le midi (accompagnées de fruits et de légumes), et des glucides lents, céréales et féculents, servis au repas du soir constituent la ligne de base pour restaurer un déficit fonctionnel en sérotonine », dit le Dr Chos.

Par Florian Saffer - diététicien - Bourgoin - Lyon
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Mardi 24 juillet 2007
Manger ensemble aide à réguler son alimentation.


En Thaïlande, il n’y a pas plus triste que manger seul; on y voit le signe d’une profonde misère sociale et affective. Quant à manger devant quelqu’un sans lui proposer de partager, c’est là une indécence difficilement imaginable.
Quand on mange sur un mode convivial, une même nourriture dans un esprit de partage, prêter attention à ce qui est mangé en commun vient spontanément. Car dans ce cas, on n’est pas seulement occupé par ses sensations alimentaires, mais aussi par celles de ceux qui mangent en notre compagnie. Trouvent-ils ce que nous mangeons aussi bon que nous ? Ont-ils faim comme nous ? Ou bien, comment se fait-il qu’ils n’aient plus faim alors que nous avons encore de l’appétit ? Nous autres Français, aimons échanger des commentaires gastronomiques sur ce que nous mangeons, ce qui conduit à prêter davantage attention aux aliments consommés.
Les règles de la politesse et du savoir-vivre imposent aussi, lorsqu’on mange en public, de ne pas faire de bruits de bouche —ce qui oblige à prendre des bouchées de taille raisonnable— ou de ne pas parler la bouche pleine. Là encore, on mange moins vite et plus attentivement.
Cette empathie alimentaire, cette politesse que l’on doit aux autres comme à soi-même, conduisent en définitive à manger posément et avec attention. Il est alors plus facile d’adapter sa consommation à ses besoins.
En fait, livré à soi-même, on peine à manger sur un mode civilisé, à porter à sa pitance toute l’attention qu’elle mérite. Manger en solitaire, c’est souvent manger sans considération. Vaut-on tous ces efforts, ou bien peut-on se contenter de manger une «cochonnerie», comme on dit, un truc même pas bon, sur le pouce, à la va-vite, devant le téléviseur ou l’ordinateur?
Se contenter… C’est bien là le problème. La recherche de contentement perdu conduit à dévorer encore et encore, sans y trouver de satisfaction, tout juste une plénitude temporaire, vite teintée de nausée et de culpabilité.
Ce manque de respect envers soi-même, cette absence de satisfaction, cette culpabilité forment un brouet indigeste qui conduit paradoxalement à manger davantage; c’est la politique du pire, ou ce que les Américains nomment le «what the hell syndrome». Ou, pour le dire à la façon du sapeur Camember: «quand les bornes sont franchies, il n’y a plus de limites!»
La boulimie se conçoit-elle autrement qu’en solitaire? Certes, en public, on peut gueuletonner, ripailler, festoyer, bambocher, se livrer à des orgies durant lesquelles on se fera vomir à la romaine pour mieux recommencer. Mais cela n’en fait pas des boulimies pour autant. Comme ces excès sont partagés, ils ne sont que des jeux sociaux plus ou moins amusants autour de la nourriture.
Manger ensemble, mais des aliments différents, comme cela se pratique désormais dans de nombreuses familles, est un pis-aller. Certes, chacun mange ses aliments préférés, mais il y perd ses points de repère, auquel cet effet de miroir qui se met en place lorsqu’on mange une même nourriture à plusieurs contribue puissamment. Manger chacun pour soi, ce n’est pas manger ensemble, mais simplement à côté les uns des autres.
La culture de l’indépendance, nous privant du partage, nous conduit à la solitude. Et comme la solitude nous appauvrit, nous vide de notre substance, nous voilà obligés de nous remplir de nourriture.
C’est en cela qu’on peut dire que la boulimie, ainsi que certaines obésités, fruits amers de cette solitude, sont des produits de l’Occident.


Texte de G Apfeldorfer
www.gros.org

Par Florian Saffer - diététicien - Bourgoin - Lyon
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Dimanche 26 août 2007
Bien manger coute cher?

C'est le reproche que nous essuyons régulièrement en conférence. "C'est bien beau de manger équilibré mais vous avez vu le prix des légumes?". Il est vrai  que les prix des légumes ne font qu'augmenter et il n'est pas évident de s'en sortir. Il existe une certaine de notion entre le pouvoir d'achat et ce que j'ai dans mon assiette. Prenons l'exemple du restaurant; un restaurant est critiqué selon les critères gustatifs mais surtout les quantités que l'on a dans l'assiette. Au plus le prix du repas est bas et au plus j'en ai dans l'assiette mieux c'est et surtout le restaurant devient une référence. Si l'on prend l'exemple des restaurants dit "gastronomique", ils sont régulièrement critiqués sur les failbes quantités que l'on dans l'assiette. En somme la notion de plaisir gustatif disparaît devant la quantité. Est-ce que nous prenons encore du plaisir avec l'alimentation, ou je vais au restaurant pour me détendre, partager un moment convivial...? En définitive, la quantité et donc notre rapport à l'alimentation: "avec tous ces euro je peux acheter et bien remplir mon assiette". Finalement on s'habitue à consommer des grandes quantités, d'ailleurs le fait de ne pas réussir à finir son assiette dans restaurant et là aussi signe positif pour la critique! Pour autant, le fait de retravailler sur nos perceptions de rassasiemment, de satiété, de faim permet de mieux gérer les volumes dans l'assiette, ce qui induit une consommation différente et donc un coût alimentaire moins cher! Une question importante lors des consultations est de savoir si le prix des courses à diminuer car en effet c'est un indicateur du comportement alimentaire et donc d'achat. Mieux se connaître permet aussi de mieux gérer le budget courses.
bonne journée.

Retrouvez tous les articles de Nicolas Sahuc sur son blog
Par Florian Saffer - diététicien - Bourgoin - Lyon
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Mardi 28 août 2007

 

                                                                              

Ce qui est VRAI : certaines obésités sont fortement influencées par la génétique.

— Un enfant dont les deux parents sont obèses a un risque d'obésité trois fois supérieur à celui d'un enfant ayant deux parents minces. Lorsqu'un seul des parents est obèse, l'enfant a 40 % de chances de le devenir et si les deux parents le sont, le risque est alors de 80 % ! Il chute à 10 % si les deux parents sont minces.

— Cette prédisposition héréditaire à l'obésité se traduit par une augmentation du rendement métabolique: l’organisme parvient à fabriquer de la graisse avec un minimum de nourriture, puis économise ces réserves, ne les utilisant qu’avec parcimonie. Il est probable que cette caractéristique génétique a représenté un avantage pour ses aïeux : les faibles consommateurs de nourriture, ceux à qui un rien profite, devaient vraisemblablement mieux survivre en période de famine que les individus gaspilleurs de calories. Mais en période d'abondance, ce rendement métabolique performant aboutit à un stockage excessif de graisses de réserve

Ce qui est FAUX : si on est porteur d'une hérédité défavorable, mincir et rester mince sont impossibles

Être génétiquement prédisposé à prendre du poids ne signifie pas qu'on ne peut pas être mince et le rester, mais que cela demandera qu'on porte une attention particulière à sa façon de s'alimenter, à ses dépenses énergétiques, à toutes les situations qui pourraient conduire à manger plus que nécessaire.

— Les gènes s'expriment avant tout quand ils interagissent avec l'environnement. Ainsi, par exemple, dans des conditions de sédentarité et de suralimentation, des individus génétiquement prédisposés développeront un surpoids. Entre des individus prédisposés et des individus qui ne le sont pas, l'environnement est le même (sédentarité et suralimentation), les gènes sont différents mais c'est l'interaction gène-environnement qui va produire des effets différents sur des individus génétiquement différents. Si on ne peut agir sur ses gènes, on a par contre toute latitude pour agir sur son environnement (lutte contre la sédentarité, alimentation, problématique psychologique…)

 

 

Sources: Groupe de Reflexion Sur l'Obésité et le Surpoids

http://www.gros.org

 

Par Florian Saffer - diététicien
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Vendredi 5 octobre 2007
Petit conseil pour les personnes surveillant leur ligne


Bon nombre de diètes s’accompagnent d’une liste d’aliments interdits. Pourtant, des études ont démontré que le fait de se priver complètement ou de façon exagérée d’un aliment augmentait notre envie de consommer cet aliment et nous amenait à en consommer des portions plus importantes. Mieux vaut donc se permettre des chips à l’occasion que de se retrouver avec des rages incontrôlables qui nous amèneront à vider le sac ! Tous les aliments ont leur place dans une alimentation équilibrée. Certains ont cependant intérêt à prendre une plus grande place à cause de leurs qualités nutritives (ex. : fruits et légumes, produits céréaliers, viandes, produits laitiers), alors que d’autres peuvent être consommés à l’occasion pour le plaisir qu’ils nous procurent.
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Par Florian Saffer - diététicien - Bourgoin - Lyon
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Mardi 23 octobre 2007

 



Travailler sur ces émotions et aussi important que de travailler  sur le contenu de son assiette, certains diététiciens sont formés à la psychologie et proposent se travail sur le comportement alimentaire.

 

Par Florian Saffer - diététicien - Bourgoin - Lyon
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L'auteur

 

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