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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 11:23

« Je vous assure je mange très peu pourtant je n'arrive pas à perdre du poids ! »


Beaucoup de mes confrères face à cette affirmation considèrent leurs patients comme des menteurs omettant de signaler leur grignotages multiples. Bien qu'il soit effectivement fréquent de sous estimer ses apports énergétiques, pour un grand nombre de mes patients la résistance à l'amaigrissement est une réalité.

 

Comment expliquer cette résistance?

 

La première piste à explorer est le fait que le poids n'est pas un facteur toujours modifiable.

Certaines personnes sont naturellement rondes, comme d'autres sont naturellement grandes ou naturellement blondes (oui oui ça existe). Si vous avez toujours été en surpoids et que les régimes se sont toujours soldés par des échecs, la solution consiste peut-être à apprendre à accepter son corps tel qu'il est.


voir l'article :l'insatisfaction corporelle, combat ou acceptation?

On peut observer également qu'après une prise de poids importante la perte de poids devient difficile, tout se passe comme si notre organisme "défendait" ce nouveau poids.

 

La seconde piste à explorer consiste à identifier les freins émotionnels et psychologiques


Prenons l'exemple du stress: un stress répété génère de nombreuses perturbations métaboliques comme par exemple une production accrue de cortisol, qui est une hormone favorisant le stockage des graisses. 

Dans ce cas des techniques de relaxations (méditation, cohérence cardiaque...) peuvent être très efficaces.
voir l'article :la cohérence cardiaque pour aider à mincir

 

Autre exemple, les émotions induites par la restriction. Le fait de vouloir contrôler son poids impose de restreindre ses apports alimentaires. Lorsque cette restriction ne permet plus de satisfaire la faim, les tensions s'accumulent et les pensées autour de l'alimentation augmentent.  D'un côté le corps réclame à manger, de l'autre la tête contrôle la prise alimentaire. Ce bras de fer tête/corps conduit souvent à une augmentation de l'impulsivité alimentaire et des pertes de contrôle (crise de nourriture, grignotage...).

De plus le fait de s'interdire catégoriquement un aliment à tendance à long terme à augmenter l'envie de cet aliment ce qui vient  majorer le conflit tête/corps.

 

Il convient donc de ne pas entrer dans ce conflit tête/corps en respectant les besoins de son organisme.
J'explique d'ailleurs à mes patients que l'objectif lorsque l'on souhaite perdre du poids n'est pas de se frustrer mais de se modérer.
voir l'article :attention à la restriction cognitive

 

La troisième piste à explorer consiste à identifier les freins physiologiques.

Certaines pré-carences nutritionnelles peuvent rendre l'organisme résistant à la perte de poids.

 

Quelques exemples:
- L’iode : ce minéral est indispensable à la synthèse des hormones thyroïdiennes. Lorsque la thyroide fonctionne trop lentement l'ensemble des métabolismes sont perturbés rendant toutes pertes de poids impossibles.

 - Le fer : la carence est fréquente chez les femmes en âge de procréer. Le fer est indispensable à la synthèse des neurotransmetteurs dont la dopamine (le neurotransmetteur de la motivation). Les personnes carencées en fer ont plus de risque d'abandonner leur programme de perte de poids par démotivation.
Devant toutes résistances à la perte de poids il est pertinent de faire doser ses réserves en fer (ferritine).

- les oméga 3 : ces graisses jouent également un rôle important dans la production des neurotransmetteurs. La carence en France est très rependue mais se corrige très simplement par la consommation régulière de poissons gras (sardines, maquereaux...) et d'huile riche en oméga 3 (colza, noix, lin).
Voir l'article :comment consommer assez d'oméga 3?

- le tryptophane. Cet acide aminé est indispensable à la synthèse de sérotonine, neurotransmetteur indispensable à la sérénité.  Certaines situations comme une constipation chronique, une consommation régulière de médicaments, des privations alimentaires répétées, engendrent un déficit en tryptophane. La synthèse de sérotonine est alors mal produite, entraînant irritabilité, compulsions sucrées et mauvaise humeur. Ces compulsions sucrées rendent impossible toute perte de poids.

Une alimentation adaptée suffisamment pourvu en tryptophane permet bien souvent de freiner l'impulsivité alimentaire de fin de journée. Voir l'article :le plein de sérotonine dans l'assiette

 

Autre facteur physiologique pouvant générer une résistance à l'amincissement : la carence en sommeil.

Il est aujourd'hui admis qu'un sommeil de mauvaise qualité génère une perturbation de la synthèse des hormones régulant la faim. Lorsque le sommeil n'est pas réparateur les sensations de faim sont majorées.
De plus le manque de sommeil génère à long terme une intolérance aux glucides (ou prédiabète) expliquant également la résistance à la perte de poids.
Dans ce cas mon approche consiste à proposer à mon patient  un travail comportemental associé à un traitement phytothérapique (plantes médicinales).

 

Florian SAFFER
Diététicien-Nutritionniste
Comportementaliste DU

 

 

 

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Published by Florian Saffer diététicien nutritionniste - dans comportement alimentaire
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commentaires

Régime hyperprotéiné 18/05/2017 11:32

C'est vrai que c'est très pénible de se priver de manger ce que l'on veut et qu'on arrive toujours pas à perdre du poids.

Cryolipolyse Bruxelles 14/07/2016 12:19

Après un régime hyperprothéinné j'ai suivi des séances de cryolipolyse . J'ai perdu 11 kilos et j'ai dis à dieu à mes bourrelets. je suis vraiment satisfaite du résultat. ça fait un an déjà :D bien sur je garde les même habitudes alimentaires et je fais souvent du sport. Bon courage à vous tous :)

Coolsculpting Paris 12/05/2016 17:11

J'ai entendu parler du coolsculpting ou de la cryolipolyse comme technique d'amincissement. Des connaissances à Paris m'ont indiqué que la reprise de tissus après le traitement était ralentie, même si rien ne peut empêcher le corps de revenir à son "équilibre". Qu'en dites vous ?

SETFORD 22/02/2015 13:32

Merci pour cette réponse. Oui, après une reprise de poids importante, je ne maigris plus. Je pense que mon corps défend ce poids qu'il connaissait autrefois et qui se retrouve....je n'ai pas la solution pour inverser la tendance

Je n'arrive pas à maigrir 22/02/2015 13:05

Merci pour ce rappel d'information sur les freins à la minceur.

- Romain

Coolsculpting Paris 07/09/2016 15:43

Pourquoi n'arrivez vous pas à maigrir ? Pratiquez vous un sport ?

 

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