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5 octobre 2009 1 05 /10 /octobre /2009 13:25

L’obésité et les maladies liées à la nutrition sont de vrais problèmes de santé publique.

 

Il est évident que nos excès alimentaires sont en causes dans grandes nombres de nos maladies de civilisation : diabète, maladies cardio-vasculaires, prise de poids… 
 

Afin de stopper l’incendie, la France a mis en place d’important moyen via de coûteuses campagnes de prévention (le fameux PNNS : plan national nutrition santé) ; ces infos sont d’ailleurs largement reléguées par l’ensemble des médias qui ne cessent de nous dire comment manger. 
 

N’avez-vous pas remarqué que depuis quelques années certains nutritionnistes se sont transformés en super héro des plateaux TV ? 
 

L’idée d’apporter des outils aux français pour se prendre en main ne me dérange pas sur le principe ; mais l’approche actuelle m’irrite pour plusieurs raisons :

 

La première est que les solutions proposées ne sont que nutritionnelles (manger plus de ceci moins de cela…). A s’obstiner à nous imposer uniquement des solutions diététiques on passe certainement à côté de l’essentiel.

 

Selon moi, les déséquilibres alimentaires que nous observons aujourd’hui ne sont pas la conséquence d’un manque de connaissance en nutrition ; ils sont davantage le fruit de modifications de notre environnement et des modification de nos rythmes de vie : nous ne prenons plus le temps de manger, de faire de vrais repas, de cuisiner ou de simplement prendre le temps de ne rien faire… A ceci s’ajoute que nos aliments ont changé : le nombre d’aliments disponibles dans les rayons de nos supermarchés ne fait qu’augmenter.

 

Le dénominateur commun à tout cela est la disparition d’une culture alimentaire et une profonde perte de repères.
Nos grands-parents ignoraient tout des règles d’équilibre alimentaire mais ils savaient composer de vrais repas et prendre le temps de manger.  Les plats de la cuisine traditionnelles françaises sont d’ailleurs des plats très intéressant d’un point de vue nutritif : cassoulet, choucroute, petit salé aux lentilles… sont des plats complets et équilibrés. Sources de sucres lents, de vitamines, de fibres, de protéines…

 

Le problème est que cette culture alimentaire est de moins en moins transmise.

 

Vouloir solutionner l’effacement de cette culture par des mesures  diététiques revient ici à mettre du mercure au chrome sur une jambe de bois. Cela ne solutionne rien.

 

La seconde raison qui fait que je suis critique par rapport à tout ces conseils nutritionnels est que cette sur-information diététique nous oriente vers un « hyper contrôle alimentaire ». Beaucoup de mes patients dépensent beaucoup d’énergie à contrôler leur alimentation, à sélectionner les « bons aliments » à fuir les « mauvais « .
Beaucoup culpabilisent lorsqu’ils consomment des aliments "diététiquement incorrects" susceptibles de leur faire prendre du poids ou de faire monter leur cholestérol.

 

A force de laisser entendre aux français que certains aliments sont « mauvais », on crée une véritable confusion dans les esprits et on perturbe, parfois fortement, la relation des français à la nourriture.

 

Les messages de préventions oublient de préciser que seul les excès sont préjudiciables ; que le sucre, le gras et le sel ne sont potentiellement dangereux qu’en cas d’excès !

   

Enfin à force d’aborder l’alimentation que sous un angle « nutrition » on relègue au second plan la notion de plaisir et de convivialité.

Or le " modèle  alimentaire Français "  centrant l’acte alimentaire sur le plaisir et la convivialité est protecteur du surpoids. Bien que trop de français soient trop ronds, nous sommes les européen les plus minces !


Payer des diététiciens pour faire de l'éducation nutritionelle dans les école est, selon moi, une abberration. Nous transformons nos enfants en petits singes savants qui connaissent le rôle de chacune des familles d'aliments mais qui passent à côté de l'essentiel : manger sain c'est avant tout manger avec plaisir, en prenant le temps et en écoutant ses sensations alimentaires.
 

Les règles culturelles et les usages sociaux sont plus forts que le modèle d'alimentation rationnelle individualiste, qui n'a pas prouvé qu'il était une solution. Aux Etats-Unis, on fait de l'éducation nutritionnelle et des programmes de santé publique depuis au moins un siècle. Les recommandations sont innombrables. Les obèses aussi ! CQFD

 

Plutôt que nous sur informer sur les règles de base de la diététique, il semblerait plus pertinent de réinstaurer une vraie culture alimentaire axée sur le plaisir et la convivialité.

Petite réflexion: la camapgne 5 fruits et légumes ne serait-elle pas plus efficace si elle nous présentait ces aliments sous un angle plus "plaisir"? Nous faire saliver plutôt que nous culpabiliser ne serait-ce pas une meilleure approche?

Petite video de Gerard Apfeldorfer sur le model Français

http://www.omegatv.tv/video/22008765001/sante/surpoids/obesite--pourquoi-la-France-est-epargnee#


Article en lien avec ce thème : l'interview de Catherine Pinet Fernandes - sociologue dans le cadre de la journée internationale sans régime

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Published by Florian Saffer - diététicien diététicien Bour - dans comportement alimentaire
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commentaires

Cécile 05/10/2009 17:15


Je suis en très grande partie en accord avec toi sur les différents points que tu abordes. On oublie souvent que notre mode de vie est un ensemble de divers facteurs et qu'il est illusoire de les
aborder de façon individualiste. Je pense néanmoins que l'éducation nutritionnelle est une bonne chose y compris dans les école mais qu'elle devrait être abordée différemment... comment nier
l'importance de l'éducation nutritionnelle quand on voit le nombre de petits déjeuner inexistants, les repas composés essentiellement de steack haché et frite par exemple, quand on voit encore bien
souvent les parents céder aux envies alimentaires de leurs enfants en ne leur proposant que systématiquement ce qu'ils aiment... en fait, rien n'est simple et il n'y a pas de tout blanc ou tout
noir....


stephanie 05/10/2009 17:07


Merci pour ce point de vue, plein de justesse et de bon sens ; un bémol, toutefois, selon moi : ce serait parfait si l'on POUVAIT prendre le temps de manger, de faire la cuisine chaque jour, de se
''poser'' une heure midi et soir pour faire la popote de nos grands-mères et la déguster tranquillement... sauf que nos modes de vie ont changé, c'est comme ça, on ne vit plus comme la génération
de nos grands-parents...

A partir de là, et puisqu'on ne peut pas changer le monde, je pense que ce serait bien si l'on pouvait apprendre, à l'école, les bases de la diètétique, et pas seulement d'un point de vue
nutritionnel (également l'approche psychologique, comportementale) ; en tout cas, personnellement, j'aurais apprécié d'avoir un apport sur ce thème, plutôt que de devoir me débrouiller toute
seule...
Enfin, maintenant c'est fait , mais que de temps ''perdu'' !
Bonne continuation pour ce blog très instructif !
stéphanie


 

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